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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 15:22
Au cours de l’année 2009, le parlement doit réviser les lois bioéthiques.
C’est l’occasion de reparler des mères porteuses.

Le figaro demande aux internautes de se prononcer oui ou non à la législation sur les mères porteuses.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/09/01016-20090509QCMWWW00077-etes-vous-favorable-a-la-legislation-des-meres-porteuses-.php?mode=commentaires
 

Les avis exprimés sur les mères porteuses, sujet qui fait débat aujourd’hui est hallucinant.  
Rien ne permet de tirer des conclusions et pourtant, peut-être parce qu’on nous demande de nous prononcer, nous avons des certitudes qui n’appellent aucune contradiction. Est-ce là des avis tolérants qui accepteraient d’écouter des avis contraires ou certains détiendraient-ils la vérité absolue ?

Moi, je ne l’ai pas. J’ai entendu des témoignages de femmes porteuses qui avaient bien plus d’humanité dans leur propos que tous ce que je lis par ailleurs. 

Certes, porter un enfant est indéniablement important pour créer le lien entre la mère et l’enfant. Mais aussi entre le père et l’enfant, le père qui pourtant ne l’a pas porté.

Par ailleurs, on ne se pose pas cette question du lien prénatal dans le cadre de l’adoption. Acte de haute valeur moral sans doute. 

Beaucoup de choses restent à découvrir dans la création du lien mère enfant ou parents enfants. Je ne crois pas qu’il y ait un unique lien d’amour entre la mère génétique et l’enfant. Des cas de névrose ou de problèmes relationnels existent dans tous les types de familles. C’est plus notre promptitude à juger qui est nocive pour la liberté et le libre arbitre de chacun.

      
Après plusieurs FIV ou des hystérioctomie ou des problèmes de fertilité, des couples font le choix de l’adoption d’autres passent des annoncent pour trouver une personne susceptible de porter leur enfant. J’imagine la difficulté de la démarche. Il faudrait plutôt qu’une loi pour encadrer cette pratique des aides dans un cadre associatif pour accompagner ces demandes. C’est alors l’association qui devrait montrer des garanties d’intégrité plutôt que les futures mères porteuses qui doivent se sentir juger négativement.

      
Beaucoup de pays ont légitimé en les encadrants ces pratiques : Grande Bretagne, Pays-Bas, Grèce, Danemark, Finlande, Ile Maurice, certains états des Etats-Unis et du Canada, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud... 

Je me souviens du témoignage d’une femme qui portait l’enfant d’un couple. Elle avait elle-même un enfant. Elle passait ses week-end sur la route pour rencontrer régulièrement les futurs parents de l’enfant. Un lien quasi fraternel s’était tissé entre eux.
A la naissance, malgré l’insistance des sages-femmes qui ne comprenaient pas cet acte de don, elle refusa de prendre l’enfant qu’elle venait de mettre au monde, enjoignant à son refus l’insistance pour que l’enfant soit directement remis dans les bras de sa mère, celle qui avec son mari avait fait le choix de lui donner la vie dans un acte d’amour. 

On sait toute l’importance de ce premier contact dès la naissance qui tisse le lien entre la mère et l’enfant qui retrouve la chaleur de sa vie intra-utérine au contact de sa mère. On a souvent négligé la nécessité de laisser le nouveau-né sur le ventre de sa mère dès sa naissance pour céder à la nécessité d’hygiène. On prend le bébé, on le lave et on le ramène trop longtemps après à sa mère. N’oublions pas que la grossesse et la nécessité de proximité avec son bébé après la naissance pendant plusieurs mois sont conditionnés par un fonctionnement hormonal aussi. Une mère ne donne de l’amour à son enfant que si ce lien de proximité existe.

Après l’accouchement, la mère porteuse est considérée comme un membre de la famille. Elle est chaleureusement accueillie et n’éprouve aucun sentiment maternel pour l’enfant qu’elle a pourtant porté. 

Nous ne voulons pas toujours savoir ce qui se joue dans l’acte de donner naissance et nous croyons que ce sont de nobles sentiments qui ne peuvent être bafoués. Cependant, les déni de grossesse, les abandons à la naissance, les carences éducatives... montrent qu’il n’y a pas dans l’acte de mettre au monde un enfant que de l’amour gratuit mais que le déroulement de cet acte est d’un autre ordre avec des enjeux très différents : la volonté de se perpétuer, acquérir une reconnaissance sociale, toucher des allocations, remplacer un enfant qu’on a perdu, donner la vie...
 

Des points de vue divergents entre le tribunal de grande instance et la cour de cassation sur le cas d'une famille

Le premier prône l'intérêt de l'enfant, l'autre défend l'ordre public établi par le code civil.
Comment la cour pourra-t-elle dire que l’intérêt de l’enfant s’épanouit en contrariété avec l’ordre public ?

Un livre “Interdits d’enfants” de Sylvie et Dominique Mennesson et une page à lire pour aller plus loin dans la réflexion, pour bien définir de quoi on parle et pour comprendre ce qui fait l’objet d’enjeux : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2008/12/19/mere-porteuse-c-est-une-loi-qu-il-nous-faut.html

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