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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 14:30

Son truc en ce moment, ce sont les babillages, ceux pour le plaisir, ceux pour communiquer, ceux qui interrogent, exigent une réponse, râlent dans des registres variés.

S’ils nous amusent le plus souvent, ils ne sont pas pour autant destinés à nous faire rire. 

 

Ne contenant pas encore du sens, ces babillages sont une production sonore qui apportent énormément de plaisir au bébé. Il s’écoute, répète, invente, reproduit des sons. Lorsque nous entamons une discussion, il découvre que sa maman aussi émet des sons et sans doute y a-t-il du mimétisme des deux côtés. Est-ce la maman qui initie le bébé à de nouveaux sons ou l’inverse ? Bébé veut-il émettre des sons comme sa maman et son papa ou babillerait-il sans jamais avoir entendu parler ? 

 

Les enfants sauvages nous montrent qu’on prend modèle sur son environnement. Il n’y a pas de doute, on est dans la reproduction, cependant a-t-il une intention de communication d’un message ou non ? C’est sans doute bien plus tard que son babillage deviendra un langage comme ce petit garçon qui, à plus d’un an, ne parle pas avec des mots mais sait se faire comprendre avec des grognements et des sons plus ou moins insistants et forts.

 

Alors, finalement peut-on qualifier nos duos de dialogues ? Peut-on dialoguer sans mettre de sens ? Nos conversations ne seraient-elles pas plutôt un simple échange de vocalises qui apportent certes du plaisir mais qui ne permet pas à l’enfant de saisir une intention ou un message ? Les différentes intonations ne font références à rien tant que le bébé n’a pas expérimenté la joie, l’étonnement, la colère... C’est donc un long accompagnement contextualisé qui permettra de mettre une intention ou un sentiment derrière un son. De même les gestes du langage des signes ne deviendront signifiants que lorsque le bébé connaîtra ce qui est signifié.

 

Peut-on donc connaître les choses avant de parler et comment parler si on ne connaît pas les choses ? Cette problématique purement linguistique pourrait d’ailleurs s’appliquer aussi bien aux débats courants dans lesquels on voit souvent des gens prendre la parole sur un sujet qu’ils ne connaissent pas. Nous sommes alors dans le verbiage. Le babillage pourrait être une sorte de verbiage mais contrairement aux personnes qui seraient pourtant capables d’accéder à du sens, le bébé construit petit à petit son langage en lui attribuant une valeur de communication, de partage agréable, un langage qui deviendra ensuite des questionnements harcelants pour les parents et une profusion de mots “plus gros les uns que les autres” qui déborderont de la bouche comme l’eau d’un fleuve en crue. Là, mon bébé connaitra l’impact de certains mots sur l’humeur de son entourage !

 

Mon bébé émet de vigoureux prouts baveux qui nous émerveillent ! Cependant, j’ai remarqué qu’ils précédaient parfois de la colère avec des pleurs qui succèdent. Peut-on alors encore qualifier cette expression d’agréable ou voir là, la traduction d’un bien être ? Le langage des bébés est étonnant et sans doute nous manque-t-il beaucoup d’indices pour en comprendre toute la finesse. 

 

Même si ce langage qui fonde malgré tout les relations entre les gens, n’en est pas un, le bébé est capable de nous émouvoir, de nous faire rire, de nous donner de l’inquiétude sur sa santé, de nous faire comprendre ses besoins ou non avec ses pleurs notamment, de nous capter de son regard et nous tenir ainsi en admiration devant lui... Ce n’est pas du langage mais faut-il toujours des mots pour se comprendre ?


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Published by bûchette - dans Thèmes bébé
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commentaires

Sicile 27/10/2009 21:28


oui, le langage, le dialogue, commence bien avant les mots, avant le babillage, avant la naissabce!... ;)


bûchette 28/10/2009 18:10


Les gestes et les attentions au quotidien en disent également long sur les sentiments qui se jouent là.


moms-diary 22/10/2009 19:23


Certaines des choses évoquées dans ton message peuvent se retrouver 15 ans plus tard..... là, du coup, nous autres parents rions nettement moins....


bûchette 23/10/2009 11:21


C'est certain. Notre attachement au bébé nous permet de nous émerveiller à chacun de ses progrès. L'émerveillement n'est plus ensuite pour beaucoup, le mot clé qui prime dans la relation
parents-enfants. On est parfois dans l'incompréhension. En formation, un psychanalyste nous disait que les enfants déçoivent toujours les parents. Sans doute y a-t-il des nuances à apporter, en
tout cas, c'est désarmant de se retrouver dans des conflits avec ses propres enfants et savoir à ce moment là lâcher prise pour que chacun retrouve un espace d'écoute.