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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 15:22
Au cours de l’année 2009, le parlement doit réviser les lois bioéthiques.
C’est l’occasion de reparler des mères porteuses.

Le figaro demande aux internautes de se prononcer oui ou non à la législation sur les mères porteuses.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/09/01016-20090509QCMWWW00077-etes-vous-favorable-a-la-legislation-des-meres-porteuses-.php?mode=commentaires
 

Les avis exprimés sur les mères porteuses, sujet qui fait débat aujourd’hui est hallucinant.  
Rien ne permet de tirer des conclusions et pourtant, peut-être parce qu’on nous demande de nous prononcer, nous avons des certitudes qui n’appellent aucune contradiction. Est-ce là des avis tolérants qui accepteraient d’écouter des avis contraires ou certains détiendraient-ils la vérité absolue ?

Moi, je ne l’ai pas. J’ai entendu des témoignages de femmes porteuses qui avaient bien plus d’humanité dans leur propos que tous ce que je lis par ailleurs. 

Certes, porter un enfant est indéniablement important pour créer le lien entre la mère et l’enfant. Mais aussi entre le père et l’enfant, le père qui pourtant ne l’a pas porté.

Par ailleurs, on ne se pose pas cette question du lien prénatal dans le cadre de l’adoption. Acte de haute valeur moral sans doute. 

Beaucoup de choses restent à découvrir dans la création du lien mère enfant ou parents enfants. Je ne crois pas qu’il y ait un unique lien d’amour entre la mère génétique et l’enfant. Des cas de névrose ou de problèmes relationnels existent dans tous les types de familles. C’est plus notre promptitude à juger qui est nocive pour la liberté et le libre arbitre de chacun.

      
Après plusieurs FIV ou des hystérioctomie ou des problèmes de fertilité, des couples font le choix de l’adoption d’autres passent des annoncent pour trouver une personne susceptible de porter leur enfant. J’imagine la difficulté de la démarche. Il faudrait plutôt qu’une loi pour encadrer cette pratique des aides dans un cadre associatif pour accompagner ces demandes. C’est alors l’association qui devrait montrer des garanties d’intégrité plutôt que les futures mères porteuses qui doivent se sentir juger négativement.

      
Beaucoup de pays ont légitimé en les encadrants ces pratiques : Grande Bretagne, Pays-Bas, Grèce, Danemark, Finlande, Ile Maurice, certains états des Etats-Unis et du Canada, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud... 

Je me souviens du témoignage d’une femme qui portait l’enfant d’un couple. Elle avait elle-même un enfant. Elle passait ses week-end sur la route pour rencontrer régulièrement les futurs parents de l’enfant. Un lien quasi fraternel s’était tissé entre eux.
A la naissance, malgré l’insistance des sages-femmes qui ne comprenaient pas cet acte de don, elle refusa de prendre l’enfant qu’elle venait de mettre au monde, enjoignant à son refus l’insistance pour que l’enfant soit directement remis dans les bras de sa mère, celle qui avec son mari avait fait le choix de lui donner la vie dans un acte d’amour. 

On sait toute l’importance de ce premier contact dès la naissance qui tisse le lien entre la mère et l’enfant qui retrouve la chaleur de sa vie intra-utérine au contact de sa mère. On a souvent négligé la nécessité de laisser le nouveau-né sur le ventre de sa mère dès sa naissance pour céder à la nécessité d’hygiène. On prend le bébé, on le lave et on le ramène trop longtemps après à sa mère. N’oublions pas que la grossesse et la nécessité de proximité avec son bébé après la naissance pendant plusieurs mois sont conditionnés par un fonctionnement hormonal aussi. Une mère ne donne de l’amour à son enfant que si ce lien de proximité existe.

Après l’accouchement, la mère porteuse est considérée comme un membre de la famille. Elle est chaleureusement accueillie et n’éprouve aucun sentiment maternel pour l’enfant qu’elle a pourtant porté. 

Nous ne voulons pas toujours savoir ce qui se joue dans l’acte de donner naissance et nous croyons que ce sont de nobles sentiments qui ne peuvent être bafoués. Cependant, les déni de grossesse, les abandons à la naissance, les carences éducatives... montrent qu’il n’y a pas dans l’acte de mettre au monde un enfant que de l’amour gratuit mais que le déroulement de cet acte est d’un autre ordre avec des enjeux très différents : la volonté de se perpétuer, acquérir une reconnaissance sociale, toucher des allocations, remplacer un enfant qu’on a perdu, donner la vie...
 

Des points de vue divergents entre le tribunal de grande instance et la cour de cassation sur le cas d'une famille

Le premier prône l'intérêt de l'enfant, l'autre défend l'ordre public établi par le code civil.
Comment la cour pourra-t-elle dire que l’intérêt de l’enfant s’épanouit en contrariété avec l’ordre public ?

Un livre “Interdits d’enfants” de Sylvie et Dominique Mennesson et une page à lire pour aller plus loin dans la réflexion, pour bien définir de quoi on parle et pour comprendre ce qui fait l’objet d’enjeux : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2008/12/19/mere-porteuse-c-est-une-loi-qu-il-nous-faut.html

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 00:26

L'envie de créer, jamais le temps.
C'est étonnant de retrouver du temps comme si le quotidien s'était effacé pour ouvrir un nouvel espace temporel protégé pendant ce temps de gestation.
Des envies d'optimiser ce temps pour celui qui grandit dans mon ventre. Il est devenu si important qu'il semble avoir relégué mes préoccupations professionnelles dans un arrière plan lointain pendant ce temps de congé de maternité. Mêmem soucis quotidiens habituels me paraissent relatifs comme si ce petit être encore à l'état de foetus absorbait toutes ces préoccupations et les restituait avec leur véritable valeur au lieu de les surestimer. C'est d'ailleurs plus simple de parler de ses problèmes ou sentiments lorsqu'on leur a enlever toute valeur dramatique.
On se laisse souvent dominer par des choses que nous devrions dominer pour être maître de sa vie. Ceci dit, rien n'est résolu mais ça laisse une place à la réflexion sur la notion de liberté. Sommes-nous libre ou le plus souvent pris dans un engrenage qui décourage et fait de nos rêves et espoirs de lointains souvenirs qui lorsqu'on y pense nous extirpent des soupirs.

Et bien, au lieu de me sentir déconnectée je me sens au contraire au plus près de l'essentiel et plus active et créative que lorsqu'on est englué dans des contraintes qui enserrent autant le corps que l'esprit. On décroche si facilement de ces projets qui paraissent vains et futiles quand pris par le temps on relègue aux calandes grecques ce qui finalement nous tient debout avec l'espoir qu'un jour... enfin qu'on se réalisera.

Ce temps de grossesse n'est pour autant pas un temps d'indifférence à l'égard de ce qui m'entoure. Au contraire, je suis profondément affectée par les états de stress de mon ami ou de mon entourage. Le stress passe par le corps, c'est peut-être pour cela que toute tentative de l'exclure ne réussit pas à le décoller de la peau. Cela peut me plonger dans un état déprimé et je regarde mon ventre pour me souvenir que je suis enceinte, chose incroyable que nous n'espérions plus avec mon ami.
Il faut croire que Elliot s'est glissé dans une "fenêtre" de bien-être au mois de septembre quand le stress s'était relâché comme un bateau qui prendrait le départ à l'avantage d'une "fenêtre météo" favorable.

Le stress devient problématique quand il nous coupe de notre relation à l'autre. L'incompréhension s'insinue dans les mots, on se réfugie chacun dans sa bulle pour se protéger. C'est pourquoi on ne peut concevoir un enfant dans cet état d'esprit. De cette expérience je conclus qu'il faut être accueillant à l'autre, celui ou celle qui partage notre vie, et bien dans son corps et dans sa tête pour y arriver. Alors, l'enfant paraît... pourrait-on dire. Le stress n'est pas indispensable pour avancer dans la vie. D'ailleurs, il empêche de donner la vie.

L'objet de mon article était de vous présenter mes ouvrages, je me suis un peu égarée dans d'autres considérations. Revenons à nos moutons.
Bon ce n'est pas énorme, mais quand on a du temps devant soi et qu'on produit ça, alors on se dit qu'on a vraiment du temps pour réussir à se couler dans des activités qui ont aussi peu d'enjeu mais qui font du bien à l'égo. On peut dire aux autres qui sourient sous cap, "j'ai fait ça !".
Pour moi, c'est un moyen de préparer la venue de notre enfant. Ces animaux en tissu vont être le support d'histoires à lui raconter et peut-être deviendront-ils des doudoux essentiels à la construction de son autonomie en lui permettant de réussir à se rassurer quand papa ou maman ne seront pas là, lorsque réveillé il se sentira désemparé. (même si on ne sera pas loin ! )

Bon, les voilà, les héros de l'histoire. Je voulais construire un mobile au départ, mais  leur taille imposante impressionnerait Elliot qui prendrait peur en voyant ces monstres se balancer au-dessus de sa tête. Ils finiront perchés sur un fil ou autre en attendant d'être manipulés.



Plus qu'à inventer les histoires...
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 11:27

Nous avons tous des moments un peu déprimés. Ils passent parce qu'on réagit. Quelles solutions peuvent trouver les fées pour réagir au mauvais sort dans le conte ci-dessous que je vous propose de compléter.


Dans un pays merveilleux, un roi et une reine célèbre la naissance de leur fille. Des fées sont réunies autour du berceau et accordent au nouveau né des dons exceptionnels. Cependant, attirée par la foule en liesse, une sorcière se mêle à la fête et la voilà bientôt près du berceau. La petite est d’une beauté incroyable. La sorcière jalouse de tant de grâce saisit un instant d’inattention des fées pour jeter un sort à la fillette. Elle lui promet qu’à l’âge de quinze ans elle sera frappée de disgrâce et sera obligée de quitter le château pour errer seule dans la profonde forêt sombre environnante.


A ces mots haineux, les fées sursautent et d’emblée se concertent pour trouver le moyen d’annuler ce fâcheux sort.
... 

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 15:28
Qui sommes-nous, d’où venons-nous ?

L’état de grossesse nous ramène à nos origines. J’écris un journal sur la durée de ma grossesse pour garder un peu de la spontanéité de ces moments que les souvenirs altéreront.

 

Les trois premiers mois  ont été difficiles. Le corps est assiégé par de nouvelles hormones qui agissent sur l’humeur. Un rien était contrariant. Le bonheur d’être enceinte, enfin, était présent. Ces contradictions sont déroutantes quand, en plus, mon ami doute de mes compétences à porter et aimer un enfant. Une précédente fausse couche m’empêche d’investir tout de suite cette grossesse, même si les sensations sont différentes de la première fois. 

Le ciel se dégage presque d’un coup. Au par avant, tourner vers des appréhensions et des arguments qu’on a toujours défendus pour nier notre désir d’enfant, à présent, un état d’esprit chamboulé, remanié, qui par le filtre d’une nouvelle prise de conscience rend le quotidien plus léger, l’avenir plus serein et le passé re-visité et apaisé. Enfin presque. Pour alléger ce passé encore faut-il faire table rase de ces fantômes qui tournent dans nos têtes quand on croyait en avoir fait abstraction. A trop “ruminer” on tourne en rond sur des questions qui nous paraissent essentielles mais pour lesquelles il n’y a pas de réponse et encore moins de moyen d’action. 

L’objet de mon attention s’étant focalisé sur la venue exceptionnelle d’un enfant, je n’ai plus envie de m’attarder sur des considérations stériles.

Toutefois, il a fallu un déclencheur pour que je me débarrasse de tout ce fatras qui encombrait autant ma mémoire que mon corps incapable de réagir et d’avancer dans mes projets.

Au premier jour du printemps, des douleurs insupportables et constantes m’ont conduites à l’hôpital. Persuadée qu’il s’agissait de douleurs normales après une première visite qui n’avait rien révélée je n’avais pas envie de retourner à l’hôpital pour ne pas être prise au sérieux. 

Mon ami insiste. Une sage femme me prend en charge et découvre que le col s’est effacé. Perfusion pour bloquer les contractions et promesses de rester à l’hôpital alitée jusqu’à l’accouchement.

Le verdict est rude, les larmes me montent aux yeux. Mon ami est sidéré. Il part chercher mes affaires et s’occuper de nos compagnons à quatre pattes. 

Je ne peux concevoir de passer tout ce temps loin d’eux et de la maison.

Le produit me fait trembler, je me crispe encore plus. Il faut se rendre à l’évidence, nous avons choisi d’avoir un enfant, nous sommes heureux qu’il soit là, nous voulons lui donner toutes ses chances.

Finalement, le diagnostic du gynécologue de garde est rassurant. Pas d’ouverture du col. Cependant, l’hospitalisation est maintenue pour une observation.

Le lendemain, je me sens mieux, mais une légère fièvre incite les médecins à me garder quelques jours. De toute façon, interdiction de me lever, monitoring régulièrement et piqûres dans les fesses pour injecter des corticoïdes destinés à accélérer le développement des poumons du bébé en cas de naissance prématurée. Je pensais tout danger écarté mais visiblement vaut mieux prévenir l’accouchement prématuré.

Je ne peux pas me lever. Les douleurs liés à l’alitement sont pénibles mais rien n’est apaisé. Les douleurs reviennent dès que je bouge. La station debout est impensable. Les visites me réjouissent mais m’épuisent. Tout le monde nous certifie qu’on a bien fait de venir.

Qui sait, sans l’insistance de mon ami, notre bébé serait déjà né et aurait été placé en couveuse.

La fièvre tombe enfin le lundi. Je me sens beaucoup mieux. La gynécologue me fait l’échographie du septième mois. J’en suis à 28 semaines de grossesse, bébé pèse 2 kg 350g. Balaise. Il suit une courbe régulière au-dessus des autres. Tout va bien. Mais la tête est collée vers la sortie et le col est mou. Arrêt de travail jusqu’au bout, et repos. Un peu de marche, c’est tout.

Je me sens mieux, mais les quelques pas qui m’ont amenée jusqu’à la salle d’échographie m’ont épuisée. La station debout par ailleurs doit être brève.

Les premiers jours de retour à la maison se partagent entre le fauteuil et le canapé. Je somnole. C’est déprimant. Les douleurs sont accentuées au réveil. Il faut bouger un peu. Je reprends progressivement la marche avec les chow chow. Mes parents sont là et nous aident au quotidien. Finalement, les balades s’allongent et j’ai envie de faire plein de choses pour préparer la venue du bébé. 

Envie de créer et surtout de ne pas végéter. Mettre à profit ce temps pour terminer la mise en page d’un livre, pour créer des petits animaux avec du tissu de récupération et imaginer des histoires à raconter à Elliot. Euh oui, c’est le nom de notre bébé. Lire et ... créer enfin ce blog. 

Un peu de rangement et je jette ces vieux écrits qui ressassent des idées noires. Je fais la paix avec moi-même, parce qu’un jour, un petit foetus m’a dit que si je ne me calmais pas, lui, il allait naître plus tôt que prévu pour quitter ce corps tendu et inhospitalié. A garder toutes ces tensions en soi, on finit par ne plus vivre. L’intervention d’un kinésiologue m’a beaucoup aidée aussi pour en prendre conscience.

  
Moi, pleurant de douleur, de faim ou pour décharger une émotion, le papa, bien souriant.

Nous attendons avec impatience de voir à quoi Elliot va ressembler avec un papa bien blond bien blanc et une maman très brune. 
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 23:03

“Il est certain qu’un enfant dont la mère a commandé les sphincters ne sera jamais autonome dans sa conscience profonde à moins que, par chance, et cela arrive, il ne recommence à se salir dès qu’il est à l’école. Alors on lui fait honte, c’est grâce à cette régression qu’il se retrouve autonome, et le pipi dans la culotte disparaît assez rapidement si personne ne s’en occupe.”  p.322 “Les étapes majeures de l’enfance” Françoise Dolto

 

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 22:30

Quelques lectures


“Les étapes majeures de l’enfance” Françoise Dolto

“Points forts, de la naissance à 3 ans” T.Berry Brazelton tome 1

“L’hygiène naturelle de l’enfant, la vie sans couche” Sandrine Monrocher-Zaffarano


Selon F.Dolto la propreté vient toute seule à la condition que le système nerveux central soit totalement achevé. L’âge de la continence diurne se situe donc vers dix-neuf, vingt mois pour les filles, vers vingt-quatre mois pour les garçons. Trois mois plus tard on observe la continence d’urine nocturne.


Elle distingue la notion de propreté et de continence. Tous les animaux sont continents, le petit d’homme y compris. Il doit simplement apprendre où il doit déposer ses excréments.


L’enfant a la notion de bien et de mal très vite. Ces notions sont associées au vocabulaire utilisé pour qualifier des choses par l’adulte. Lorsque l’adulte utilise l’expression “c’est caca” pour qualifier une chose, l’enfant associe le caca à quelque chose de mal, de sale, de laid.

Or, ce qui est laid ou sale n’est pas mal, ce n’est juste pas ordinaire mais aucunement nuisible aux autres ou à soi-même. C’est là une déformation du sens moral qui prend source dans l’éducation du tout petit.


Contre le dressage à la propreté.


Névrose, trouble du caractère à l’âge adulte ont là leur origine.

L’adulte attire l’attention de l’enfant sur l’anus et le méat urinaire et leur donne une valeur esthétique et moral de beau, bien si l’enfant ne se salit pas et de mal si ce n’est pas le cas. Ces régions deviennent source d’agrément ou de désagrément.


Ne jamais dire à un enfant que c’est sale quand il aura fait caca dans sa couche. Il a fait pipi ou il a fait caca sont des remarques suffisantes.

On ne parle de l’odeur que lorsque l’enfant y fait allusion. Pas de jugement de valeur, on explique à l’enfant que cela ne sert plus à rien et c’est pour cela qu’on jette les excréments et non pas parce que c’est laid.


Le travail musculaire


Vers dix-huit mois l’enfant maîtrise ses muscles volontaires. Il peur monter et descendre un escalier de cinq marches seul. Il transporte des objets, il lance un ballon avec le pied ou jette une pierre avec une main dans une direction, mesure l’élan avec lequel il pousse sa voiture, ouvre et ferme une boîte, boutonne et déboutonne, plie un objet... tout un tas d’activités qui nécessitent une coordination des gestes, de l’équilibre, de la force, de l’orientation. C’est une éducation suivie par l’adulte avec attention, conseils et estime quand l’enfant réussi. C’est là, un apprentissage de maîtrise de son corps qui est utile pour l’acquisition de la propreté sans recourir au dressage.

L’enfant n’est pas là pour faire plaisir à l’adulte. On mange, on grandit, on maîtrise son corps pour le plaisir de conquête personnelle.


On croit donner des bonnes habitudes en oubliant qu’il est nécessaire que les références nerveuses qui permettent de percevoir les besoins d’évacuation ne sont pas prêtes.


Humaniser sa relation à l’enfant


L’enfant soumis à ce dressage à la propreté doit se révolter et s’opposer à cette volonté de l’adulte sous peine de ne jamais pouvoir exprimer ses désirs déjà culpabilisés et non distingués des besoins excrémentiels.

Il en va de sa santé psychique.

L’attitude de l’adulte qui veut dresser ainsi son enfant est perverse même si elle s’inscrit dans une éducation transmise de mère en fille. L’état de bébé est réduit au désir de l’adulte qui le traite comme un objet et lui dénie son statut d’homme ou de femme.


L’enfant doit pouvoir exprimer par des paroles ses besoins pour être libre de son corps.


C’est l’apparition de ses désirs, de ses activités personnelles, de ses initiatives qui doivent être entourés de paroles gaies et joyeuses plutôt que la régulation des besoins d’un enfant qui doit obéir. Ainsi se structure l’être humain.


Initier au moins une demi heure par jour l’enfant à partir de dix-huit, vingt mois, au toucher de tous les objets qui l’intéressent en lui montrant les manipulations sécurisées de tous les objets usuels qui sont au foyer. 

L’adresse corporelle, l’intérêt aux jeux, la parole advenue l’enfant aura envie de s’identifier au comportement de l’adulte. C’est alors qu’on pourra lui apprendre à faire ses besoins dans le pot de chambre placé aux toilettes, sans l’y obliger. Il est félicité s’il fait dans le pot, consolé quand il n’y arrive pas encore.


F.Dolto préconise des prématernelles quand la fréquentation sociale devient nécessaire avec d’autres enfants où l’aspect ludique, moteur et le vocabulaire seraient privilégiés. Cet espace pourrait être ouvert aux parents ou à un membre de la famille pour vivre au milieu des enfants.


Pour conclure sur les propos de F. Dolto, seuls les parents qui respectent  soutiennent socialement et pécuniairement les désirs de leur enfant ont une éducation intelligente. En retour, les enfants se sentent en confiance et respectés dans leur accès à l’autonomie.



T.Berry Brazelton évoque la pression à la propreté sur les parents qui vont être alors juger de bons ou mauvais éducateurs en fonction de la précocité de leur enfant. Il rejoint le point de vue de F.Dolto qui rend à l’enfant le droit de prendre ses propres décisions, en dépit de ce modèle de dressage transmis par la génération précédente et qui fait autorité dans les esprits.

L’affirmation de son indépendance à partir d’un an pose problème à l’enfant qui se heurte à ses parents dans une lutte pour le pouvoir. L’échec est assuré.

Les conflits entraînent parfois des pathologies.

Il faut parfois remédier à d’importants problèmes de constipation pour lesquels un laxatif doux et une pression relâchée sont nécessaires.

Des fuites d’urine peuvent être dûes au stress. Tout examen médical est vécu alors de façon intrusive et stressante par l’enfant.

La pression à la propreté de la part des parents est infondée puisqu’elle adviendra. La volonté de contrôle des parents ne peut engendrer que des problèmes qui très vite peuvent dégénérer.

L’énurésie est un problème culpabilisant à la fois pour les parents et l’enfant qui subit les remarques de ses camarades. Son origine peut se situer dans une immaturité de contrôle de la vessie ou du sommeil qui doit permettre à l’enfant de se réveiller avant de se mouiller. Il faut permettre à l’enfant de développer son propre rythme en lui laissant le temps.

Des problèmes urinaires peuvent venir de la vessie ou des reins. Une visite chez le médecin s’impose.


L’hygiène naturelle de l’enfant

L’hygiène naturelle de l’enfant est une tentative d’acquisition de la propreté dès la naissance jusqu’à dix-huit mois. 

Les défenseurs de cette attitude considèrent que l’enfant est capable de ressentir ses besoins, c’est à dire retenir ou relâcher ses mictions. Des signes d’appel sont à détecter suivis de la mise sur le pot. Ainsi, l’enfant ne subit pas le désagrément des fesses souillées ce qui accroît son bien-être.


Afin de répondre à leurs détracteurs, l’acquisition de la propreté dans ces conditions serait une attitude plus à l’écoute des besoins de l’enfant. Le bébé doit être encouragé, jamais puni. Evidemment, la fréquence des besoins d’uriner de l’enfant au tout début de la vie ne permet pas une propreté rapide. Aux parents de persévérer ou non.

L’identification des signaux lancés par l’enfant ne sont pas évident. Il faut apprendre à communiquer avec son enfant pour comprendre ses demandes. On admet qu’il y aura des ratés.

Tarder dans l’apprentissage de la propreté c’est devoir ensuite réapprendre à écouter les signaux de son corps pour l’enfant.

On peut qualifier cette attitude de hautement intrusive dans la vie et le ressenti de l’enfant, car l’interprétation peut être erronée mais en plus toujours orientée sur la propreté.

Il s’agit beaucoup d’intuition. On associe alors le langage des signes lorsqu’il n’y a pas encore la parole, à l’action pour être parfaitement d’accord sur l’intention.

Il faut évidemment soutenir le bébé jusqu’à ce qu’il puisse seul aller sur son pot.


Finalement...

C’est dans un souci d’accueillir notre enfant dans les meilleures conditions possibles que je me suis intéressée à l’acquisition de la propreté qui fait tant débat et qui semble être un révélateur de réussite ou non dans la communication avec son enfant. 

Au-delà de cet aspect purement culturel, déterminer la meilleure attitude qu’il soit possible revient à se stresser par rapport à ce moment dans la vie de l’enfant et donc certainement à trop se focaliser dessus. Certainement, des réussites d’acquisition précoce de la propreté ont été observé grâce à la pratique de l’hygiène naturelle de l’enfant. De même, laisser à l’enfant le temps et le droit de pouvoir exprimer son désir de faire dans le pot a permis d’éviter bien du stress inutile.

On ne peut par ailleurs associer l’hygiène naturelle a des arguments écologiques pour insister sur son bien fondé.

Il doit être de l’acquisition de la propreté comme de l’acquisition du langage ou de toutes autres acquisitions importantes un point essentiel qui est le respect de l’intégrité physique et psychique de son enfant qui se construit dans l’échange et l’écoute bienveillante par l’adulte, en excluant une attitude dictée par une pression de l’environnement.

Je serais heureuse de voir mon enfant développer des compétences motrices et créatives, prendre des initiatives, aller vers les autres pour communiquer, même s’il doit porter des couches jusqu’à trois ans. Est-ce incompatible ?

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 09:39

Cet état bien particulier, long et finalement si bref à la fois, interroge autant sur l’avenir que sur ce présent si prompt à devenir du passé.

Profiter de ce moment privilégié, c’est vivre pleinement l’instant présent, celui qui est généralement envahi par le stress quotidien. Le temps s’est arrêté un instant et pourtant... 

Un être est en devenir.

Charles Péguy définit le temps comme un passage. Le présent n’existe pas puisqu’il ne subsiste pas, il est sans durée. Or exister c’est durer. Le temps est donc un passage. Il permet au chose d’advenir et finalement de n’être plus.

Le bébé qui bouge en moi va naître. Comme un projet qui se construit et qui va aboutir. Tout mon corps et mon esprit sont tendus vers cet événement en cours et à venir, indifférent à ces considérations temporelles comme si le temps de l’attente réunissait dans une même unité le passé réactivé, le présent si prégnant et l’avenir préparé et inéluctable.

De cette distanciation avec le temps, se développe une sorte de sérénité qui permet de percevoir les difficultés quotidiennes de façon relative et de s’ouvrir à d’autres formes de penser car rien ne semble pouvoir atteindre ou déstabiliser ce petit château d’ivoire qui nous protège et rend le monde beau.

La grossesse est un moment de réconciliation avec notre nature humaine. Comme un éternel recommencement qui nous surprend, quand, soudain on s’inscrit dans ce cycle de vie et de mort qui ne semblait pas nous toucher jusque là, et sentir son appartenance à ce tout, après avoir expérimenté la vie de l’électron libre qui ne sait pas que sa vie est éclatée tant qu’il n’a pas trouvé ce tout qui lui donne son identité, son but et le sens à toute chose. Nous sommes les membres d’une espèce dépendante d’un milieu, dépendante de son patrimoine génétique, dépendante d’un cycle de vie et de mort et en donnant naissance, nous sommes les acteurs de l’épanouissement de la vie qui nous anime, et qui nous animait bien avant que nous ne la percevions. Le miracle de la maternité c’est tout cela, ce tout qui nous ramène à nos origines et fonde notre existence, c’est aussi la conscience de ce temps qui file et avec lui des rêves non tentés. Donner un peu de réalité et se donner les moyens de les concrétiser est un pas vers l’idée que toute idée n’est bonne que si elle est tentée. 

La grossesse, c’est aussi un temps de réconciliation avec le mot famille. Il prend une nouvelle dimension. La famille contient autant notre histoire que l’avenir de l’enfant qu’on porte. Il sera aussi tel qu’il est parce qu’il est de ces familles-là, celle du père et de la mère. Les expériences de la vie le construiront également bien sûr. On pose les questions sur nos propres débuts de vie et sur le ressenti de nos parents. Aujourd’hui, cet accueil des premiers jours de vie est pointé comme la cause de beaucoup de troubles psychologiques voire pathologiques de l’enfant puis de l’adulte.


Nous ne souhaitions pas avoir d’enfant. Voilà des mots que notre entourage a souvent entendu. A force d’arguments plus personne n’y croyait. Beaucoup d’incompréhension et finalement, certains, découragés par la difficulté d’éduquer leurs enfants ou sensibilisés par nos arguments inspirés autant par l’écologie que par l’affirmation de notre incapacité à gérer l’éducation d’un enfant dans le rythme de notre vie actuelle, tombaient d’accord avec notre choix. 

Est-ce le temps, encore lui qui nous a rattrapé ? Peut-on enfouir réellement ce désir d’enfant derrière des arguments ? Nous avons décidé, il y a quatre ans, d’arrêter toute contraception, advienne ce qui devra. Laissant au hasard et au temps le bonheur d’avoir un enfant, nous avions fini par penser que nous ne serions jamais parents. Au début de l’automne, pourtant, l’enfant est venu. Mieux, au début de l’hiver il a confirmé qu’il restait. 

Nous étions les parents les plus heureux du monde. Nos parents n’en revenaient pas.Ils ne s’attendaient pas à une telle nouvelle le jour où nous les avons réunis pour un simple repas convivial. Il faut dire que je fête mes quarante ans cette année. La joie était au rendez-vous et les sarcasmes ne sont pas venus. A croire que personne ne nous avait jamais vraiment cru quand nous refusions la perspective d’un enfant.

Mais, l’histoire personnelle de chacun nous amène parfois sur des chemins qu’on suit plus par impossibilité de tenir une autre voix, du moins c’est ce que l’on croit, puisqu’un jour, il suffit d’un rien, là d’un test de grossesse positif, pour qu’on change de chemin sans plus aucune considération pour tout ce qui nous en empêchait jusque là. 

La venue de l’enfant a changé ma perception de la vie. Plutôt déprimée ( pas dépressive), peu confiante en moi, perdue dans mes rêves, très négative sur ma capacité d’action, j’ai découvert dans ce temps rendu par la nécessité du repos, la douce langueur qui offre le temps d’exister. D’abord inquiète puis subjuguée finalement confiante, ce rêve puis cette chose qui m’assiège puis cet être qui prend forme au fur et à mesure des échographies, tout ce cheminement est devenu la réalité d’un être à naître dont il va falloir s’occuper qui n’est pas qu’un fantasme mais une réalité vraie, impérieuse et qui nous rappellera sans cesse à nos obligations. 

Dans ce contexte, nous avons été amenés à nous poser énormément de questions, à nous positionner sur certains choix encore marginaux. J’aimerai soumettre certains sujets ici afin de susciter des réflexions et partager les expériences de chacun.

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