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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 15:36
Envie d'accoucher naturellement, mais...

Un accouchement, c'est un moment intense par lequel de nombreuses femmes sont passées. Cependant, certaines appréhendent une grossesse à cause de la douleur de l'accouchement.
On accorde une telle charge d'angoisse à cette douleur qu'on risque de finir comme dans "le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, par concevoir une grossesse puis un accouchement comme des actes de barbarie qu'aucune femme ne peut plus assumer au risque d'y perdre toute dignité.

On y perdrait je pense toute notre humanité.

Renoncer à la péridurale mais opter pour l'homéopathie. La deuxième paraît plus anodine que la première. Les effets ne sont pas garantis, la première non plus.
Ce choix est plus une réaction pour éviter la péridurale que pour espérer ne pas souffrir. Le col qui reste fermé, les contractions qui perdent leur efficacité sont autant de motifs pour finalement opter pour la solution "salvatrice" unique, la péridurale.
Et si, rien qu'en prenant un petit granulé homéopathique, ce disfonctionnement disparaissait.

Du Gelsemium pour gérer le stress, de l'Actaea Racemosa pour gérer les contractions, tout ça pour accompagner et non supprimer la douleur.

Une autre façon de prendre en charge sa douleur.
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 21:46

Mon accouchement est prévu pour le mois de juin. Je suis confiante et paradoxalement je me pose plein de questions. 

Quand on me demandait si je souhaitais la péridurale le doute n'existait pas. Oui, sans hésitation. Ce n'est pas le jour de l'accouchement qu’il faut vouloir jouer les héros et montrer qu'on est la plus forte. Je voulais accueillir mon bébé le plus sereinement possible c'est à dire pas trop fatiguée.

Il y a quelques jours, je découvre sur des forums que la péridurale n'est pas toujours souhaitable ou efficace.  

Entre autre elle ne permettrait pas la sécrétion d’ocytocine indispensable pour l’expulsion, le jaillissement du lait et la construction du lien maternelle. Il faut donc coupler la péridurale avec une injection d’ocytocine artificielle, ce qui aurait pour conséquence d’annuler au niveau du cerveau tout ordre de fabrication d’une ocytocine “naturelle”.

Une autre intervention précisait qu’on peut ne pas accepter une perfusion d’ocytocine en même temps que la péridurale.

Voici le lien vers ce forum très intéressant :

http://sante-az.aufeminin.com/forum/f904/__f32_f904-Peridurale-et-effets-sur-bebe.html 

 

Beaucoup d’interrogations m’ont donc incitée à vérifier la validité de ces témoignages. J’ai donc consulté le rapport d’un groupe de travail technique de l’OMS sur les soins liés à un accouchement normal. 

Les extraits rapportés ici sont extraits de l’adresse suivante :

http://www.who.int/reproductive-health/publications/French_MSM_96_24/index.html

Ce que dit l’OMS :

"Lors d'un accouchement normal, il faut une raison valable pour interrompre le processus naturel"

"2.6.2 Traitement pharmacologique de la douleur pendant l'accouchement 

Il ne fait guère de doute que l'analgésie épidurale est utile en cas de travail ou d'accouchement compliqué. Toutefois, si l'analgésie épidurale est administrée à une femme enceinte à faible risque, on peut se demander si ce qui en résulte peut encore être appelé "travail normal". La réponse dépend naturellement de la définition de la normalité, mais l'analgésie épidurale est l'un des exemples les plus frappants de médicalisation d'une naissance normale, transformant un événement physiologique en un acte médical.

 (...)La demande concernant ces méthodes est cependant largement fonction de la culture.

(...)Ils ne font pas partie des soins essentiels pendant un accouchement. Les méthodes pharmacologiques ne doivent jamais remplacer l'attention personnelle accordée à la femme en travail, ni la tendresse qui lui est manifestée."


"3.5.2 Infusion intraveineuse d'ocytocine

On peut à juste titre se demander si un travail accéléré par une infusion d'ocytocine peut encore être considéré comme normal. Dans de nombreux endroits, les infusions d'ocytocine ne sont administrées à l'hôpital que sous la responsabilité de l'obstétricien. C'est là une précaution raisonnable, compte tenu de la nature imprévisible d'un travail géré artificiellement. En règle générale, l'ocytocine ne devrait être utilisée que pour accélérer le travail dans les établissements où une césarienne peut être effectuée immédiatement en cas de besoin. La nécessité d'une accélération est considérée comme justifiant un transfert dans un service obstétrical disposant de moyens chirurgicaux. Là où cela est possible, la surveillance foetale ultérieure se fera non par auscultation intermittente, mais par monitorage électronique. L'expérience de Dublin pendant l'essai randomisé de la surveillance intra-partum du rythme cardiaque foetal va aussi dans ce sens : dans le groupe surveillé par la méthode de l'auscultation, le nombre des nouveau-nés atteints de convulsions a augmenté, mais dans la majorité des cas, l'accouchement avait été accéléré à l'aide d'ocytocine (MacDonald et al. 1985). Voir aussi le point 2.7. L'accélération par l'ocytocine est une intervention majeure qui nécessite une justification valable. Il en est de même de la variante moderne de l'accélération par les prostaglandines et du travail provoqué au moyen de ces substances."

 

Ce matin, au cours de la préparation à l’accouchement, nous en avons discuté. Je pense que la sage femme n’avait pas la réponse absolue et s’appuyait par ailleurs sur sa propre expérience.  Les arguments avancés pour justifier des bienfaits d’une péridurale étaient les mêmes que pour justifier son absence dans d’autres conversations par ailleurs : utilisation des ventouses et des forceps, épuisement de la mère qui est moins réceptive à son bébé quand il n’y a pas en plus nécessité de passer à la césarienne, souffrance du foetus...

 

Les résultats du groupe de travail de l’OMS m’éclairent davantage et m’incitent à penser que nous sommes dans une culture qui n’accepte pas la souffrance et juge tout acte médicalisé pour l’éviter comme un progrès. Cependant accoucher est un acte qui va au-delà d’un traitement qui doit être médicalisé et qu’il se joue des choses extrèmement importantes dans la construction du lien mère-enfant.

Je vous invite à laisser un commentaire afin d’ouvrir le débat.

 

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