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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 14:56
Demain, c’est l’anniversaire de ma soeur. Je m’étais dit au début de la grossesse, qu’Elliot pourrait bien naître ce jour-là. La coïncidence des dates nous révèlent parfois un sujet sensible ou en tout cas quelque chose de marquant.

Nous verrons demain. Cette nuit, mon nombril me brûlait. La peau souffrait. Mais ce matin, pas plus de vergetures.

Demain, si Elliot ne vient pas, je serais dans la classe de maternelle de ma cousine pour raconter l’histoire du "petit lapin coquin". Je la réserve aussi à Elliot. J’ai préparé les décors, la musique, l’histoire.
C’est un objectif que je me suis fixée pendant mon congé maternité, parce que j’aime raconter et lire des histoires, parce que j’aime bricoler et fabriquer des choses avec des bouts de rien.

 Un peu comme s’il suffisait de croire en ce qu’on a envie de faire pour que les choses prennent tournure, se métamorphosent et nous révèlent plein de plaisirs inattendus mais espérés.

 Le temps de cette grossesse, je l’ai consacré à des lectures mais aussi à la réalisation de ce vieux rêve, mettre en scène des histoires pour les enfants. Un jour, qui sait, je me produirais dans des théâtres pour proposer des spectacles pour les enfants des écoles, des centres d’accueil...

Fabriquer et voir naître des personnages de ses mains, de son imagination c’est comme créer un monde fantastique et parallèle au nôtre, emportée dans un projet qui peut paraître anodin et qui soutien toute une vie.

 Alors, s’émerveiller du regard des enfants à l’écoute, s’enthousiasmer pour un nouveau projet, écrire une nouvelle histoire et imaginer sa mise en scène pour voir plus loin, plus beau, plus grand, plus accomplissant, sans tomber dans la contrainte ou alors passer à autre chose.

Ces histoires et décors sont des tremplins pour aborder le monde avec Elliot et les autres enfants et construire du sens à cette vie compliquer qui s’annonce pour nos enfants, tant on a perdu de vue des valeurs essentielles telles que la liberté d’être, de faire, le désir d’accomplir un chemin propre, la recherche d’une autonomie qui nous permet de bâtir notre liberté... le bonheur de profiter de notre temps plutôt que de lui courir après en s’activant dans un travail vain qui ne nous apporte que la satisfaction de survivre ou qui nous accapare tant qu’on ne consacre plus de moment à ceux et ce qu’on aime vraiment.
Y croire, y croire encore, y croire toujours...
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 22:39
On ne renonce jamais. Ou jamais vraiment. Que conclure de ma petite expérience pour tout ceux qui espèrent qu’un jour enfin, ils aboutiront ce vieux rêve, cette folle pensée, ce projet si beau... qu’ils ont enfoui au fond d’eux en se disant à quoi bon. Albert Jacquard dans une réflexion remarquait que pour réaliser un projet il fallait supprimer les mots "à quoi bon" qui découragent pour, "pourquoi pas". Alors, les projets les plus utopiques deviennent réalité.

Ainsi, j’avais enfoui mon désir d’enfant face à l’impensable projet qu’il représentait dans notre couple. Et puis, les années passant, cette idée devenait de moins en moins plausible.

Pourtant, ces années qui annonçaient la fin de l’espoir ont été autant de signaux d’alerte. Elles n’ont pas déclenché la panique mais la résignation, celle qui permet de tourner la page pour accepter un état de fait et passer à autre chose. Le regret est là, mais l’envie de vivre aussi. Tous les ingrédients alors se coordonnent selon un schéma classique, celui du cheminement vers autre chose. La construction du chemin reprend après un arrêt improductif et stérile, dans tous les sens du terme.

Face à un être qui se remet en marche, la vie entre alors dans son corps et, ce qui est presque perçu comme un miracle, se produit. C’est alors qu’on réalise qu’en dépit du chemin dans lequel on s’est engagé, on se retrouve sur les traces de ce qui fait sens dans notre vie et dont on s’était détourné. Un peu comme un retour aux sources de ce qui nous fonde.

Pour moi, ce fut l’annonce de cette grossesse. Passée l’angoisse de la fausse couche, c’est un ciel qui se dégage.

Je suis dans les derniers jours de cette aventure. La peau de mon ventre a quelques vergetures. Je ressens les assauts de ce bébé, qui bientôt sera là. Tout le monde l’espère et je ne reverrai pas certaines personnes avant son arrivée.

Je prends conscience d’un compte à rebours et devine les bouleversement qu’il va nous apporter. J’ai pensé à la difficulté d’accoucher, mais maintenant, ce sont les premiers gestes de soins, de portage... que je ne maîtrisent pas qui m’impressionnent.

Finalement, je sens mon ventre, maison trop petite pour lui maintenant, et conçois que l’ordre des choses va s’imposer d’ici peu. Mon ventre, terre nourricière laissera le petit sortir de son antre pour vivre sa vie.

Première séparation, première rencontre en même temps et l’appréhension de cette rencontre. Petit être sans défense, sans projet, sans lien qui va découvrir le vide autour de lui, des sensations nouvelles et étranges, des séries d’expériences plus inquiétantes les unes que les autres. Et nous, maladroits, nous ne vivrons que le dixième de ses angoisses.

Nous le prendrons dans nos bras et pour le rassurer nous essaierons de le secourir. Car, dans un premier temps, c’est la sécurité qui l’apaisera, entouré de nos bras, et tenu contre soi.

Puis, comme un bourgeon qui éclos, il tendra ses bras vers nous et alors il pourra naître aux autres et comprendre ce monde dans lequel il arrive.


De quelle expérience pourriez-vous témoigner qui vous a remis sur le chemin de votre vie ?
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 15:28
Qui sommes-nous, d’où venons-nous ?

L’état de grossesse nous ramène à nos origines. J’écris un journal sur la durée de ma grossesse pour garder un peu de la spontanéité de ces moments que les souvenirs altéreront.

 

Les trois premiers mois  ont été difficiles. Le corps est assiégé par de nouvelles hormones qui agissent sur l’humeur. Un rien était contrariant. Le bonheur d’être enceinte, enfin, était présent. Ces contradictions sont déroutantes quand, en plus, mon ami doute de mes compétences à porter et aimer un enfant. Une précédente fausse couche m’empêche d’investir tout de suite cette grossesse, même si les sensations sont différentes de la première fois. 

Le ciel se dégage presque d’un coup. Au par avant, tourner vers des appréhensions et des arguments qu’on a toujours défendus pour nier notre désir d’enfant, à présent, un état d’esprit chamboulé, remanié, qui par le filtre d’une nouvelle prise de conscience rend le quotidien plus léger, l’avenir plus serein et le passé re-visité et apaisé. Enfin presque. Pour alléger ce passé encore faut-il faire table rase de ces fantômes qui tournent dans nos têtes quand on croyait en avoir fait abstraction. A trop “ruminer” on tourne en rond sur des questions qui nous paraissent essentielles mais pour lesquelles il n’y a pas de réponse et encore moins de moyen d’action. 

L’objet de mon attention s’étant focalisé sur la venue exceptionnelle d’un enfant, je n’ai plus envie de m’attarder sur des considérations stériles.

Toutefois, il a fallu un déclencheur pour que je me débarrasse de tout ce fatras qui encombrait autant ma mémoire que mon corps incapable de réagir et d’avancer dans mes projets.

Au premier jour du printemps, des douleurs insupportables et constantes m’ont conduites à l’hôpital. Persuadée qu’il s’agissait de douleurs normales après une première visite qui n’avait rien révélée je n’avais pas envie de retourner à l’hôpital pour ne pas être prise au sérieux. 

Mon ami insiste. Une sage femme me prend en charge et découvre que le col s’est effacé. Perfusion pour bloquer les contractions et promesses de rester à l’hôpital alitée jusqu’à l’accouchement.

Le verdict est rude, les larmes me montent aux yeux. Mon ami est sidéré. Il part chercher mes affaires et s’occuper de nos compagnons à quatre pattes. 

Je ne peux concevoir de passer tout ce temps loin d’eux et de la maison.

Le produit me fait trembler, je me crispe encore plus. Il faut se rendre à l’évidence, nous avons choisi d’avoir un enfant, nous sommes heureux qu’il soit là, nous voulons lui donner toutes ses chances.

Finalement, le diagnostic du gynécologue de garde est rassurant. Pas d’ouverture du col. Cependant, l’hospitalisation est maintenue pour une observation.

Le lendemain, je me sens mieux, mais une légère fièvre incite les médecins à me garder quelques jours. De toute façon, interdiction de me lever, monitoring régulièrement et piqûres dans les fesses pour injecter des corticoïdes destinés à accélérer le développement des poumons du bébé en cas de naissance prématurée. Je pensais tout danger écarté mais visiblement vaut mieux prévenir l’accouchement prématuré.

Je ne peux pas me lever. Les douleurs liés à l’alitement sont pénibles mais rien n’est apaisé. Les douleurs reviennent dès que je bouge. La station debout est impensable. Les visites me réjouissent mais m’épuisent. Tout le monde nous certifie qu’on a bien fait de venir.

Qui sait, sans l’insistance de mon ami, notre bébé serait déjà né et aurait été placé en couveuse.

La fièvre tombe enfin le lundi. Je me sens beaucoup mieux. La gynécologue me fait l’échographie du septième mois. J’en suis à 28 semaines de grossesse, bébé pèse 2 kg 350g. Balaise. Il suit une courbe régulière au-dessus des autres. Tout va bien. Mais la tête est collée vers la sortie et le col est mou. Arrêt de travail jusqu’au bout, et repos. Un peu de marche, c’est tout.

Je me sens mieux, mais les quelques pas qui m’ont amenée jusqu’à la salle d’échographie m’ont épuisée. La station debout par ailleurs doit être brève.

Les premiers jours de retour à la maison se partagent entre le fauteuil et le canapé. Je somnole. C’est déprimant. Les douleurs sont accentuées au réveil. Il faut bouger un peu. Je reprends progressivement la marche avec les chow chow. Mes parents sont là et nous aident au quotidien. Finalement, les balades s’allongent et j’ai envie de faire plein de choses pour préparer la venue du bébé. 

Envie de créer et surtout de ne pas végéter. Mettre à profit ce temps pour terminer la mise en page d’un livre, pour créer des petits animaux avec du tissu de récupération et imaginer des histoires à raconter à Elliot. Euh oui, c’est le nom de notre bébé. Lire et ... créer enfin ce blog. 

Un peu de rangement et je jette ces vieux écrits qui ressassent des idées noires. Je fais la paix avec moi-même, parce qu’un jour, un petit foetus m’a dit que si je ne me calmais pas, lui, il allait naître plus tôt que prévu pour quitter ce corps tendu et inhospitalié. A garder toutes ces tensions en soi, on finit par ne plus vivre. L’intervention d’un kinésiologue m’a beaucoup aidée aussi pour en prendre conscience.

  
Moi, pleurant de douleur, de faim ou pour décharger une émotion, le papa, bien souriant.

Nous attendons avec impatience de voir à quoi Elliot va ressembler avec un papa bien blond bien blanc et une maman très brune. 
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