Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 22:19

Allaiter est un vrai bonheur. Dans mes bras, enfin il s’apaise en prenant le sein. Parfois, un simple signal d’agitation, un peu plus de frénésie dans sa façon de sucer son poing et ses doigts, parfois une énorme colère qui éclate quand on a abusé de sa patience, quand, retardée par d’autres tâches, j’arrive tardivement, tout ces parfois conditionnent ce moment si important pour le bébé comme pour moi.

 

Il prendra calmement le sein quand, attentive à sa demande, nous réussissons un superbe duo, harmonieux et sans heurt. Il prendra le sein de façon vorace quand, affamé, esseulé, désespéré, il aura crier sa rage autant que sa colère. Il ne pourra pas se satisfaire du sein, trop contrarié. Il continuera ses pleurs et je serai bien culpabilisée. Il faut alors se taire, ne rien faire, car toute tentative sera perçue comme une agression, le genre de sollicitation qui hérisse le poil quand il n’est plus temps. Il faut alors apprendre à s’apaiser ensemble, se poser ensemble, écouter, attendre... 
 

Attendre que l’esprit du bébé se libère de sa rage et s’intéresse à autre chose. Attendre le pardon qui permet le retour du bébé à des sentiments moins belliqueux. Attendre qu’il reprenne le sein, et, acceptant de s’abandonner dans mes bras, sa succion devient voluptée, abandon confiant, mollesse du corps qui se moule dans les bras contre mon ventre, la bouche est douce et détendue, les yeux mi-clos le bras libre s’élève et tient l’équilibre à la vertcal, les doigts bougent tout doucement ou simplement sont immobiles révélant toute l’attention dans laquelle le bébé s’absorbe en tétant lentement, sereinement.

Cette main levée est comme un radar qui prévient des éventuelles intrusions pendant ce moment de pur bonheur. Il caresse parfois la main que j’avance vers sa main et je le laisse explorer du bout des doigts cette cousine qui lui ressemble étrangement. Une main est une source de curiosité sans limites tant il découvre sans cesse des mouvements, des perspectives comme rapprocher jusqu’à sa bouche ce qui est lointain, rejeter ce qu’il refuse de voir approcher, se frotter les yeux quand il est fatigué, tendre vers quelque chose ou quelqu’un pour en apprécier la réalité, caresser, saisir et secouer énergiquement, agripper, sentir...

La main part à la découverte du monde et apporte une richesse d’informations tactiles, un nombre de plus en plus grand de compétences qui lui permettent de développer sa curiosité, une source d’émerveillement digne des plus grands contes, un “outil” étonnamment disponible, toujours là, des mains et des doigts délicieux, habiles, compagnons des réveils.
 

J’ai approché tout doucement ma bouche de ses doigts suspendus au bout de son bras relevé, juste pour les effleurer comme pour une caresse. A-t-il eu peur d’une agression ? Peut-être ai-je réveillé l’angoisse d’être dévoré ?  Sa lèvre inférieur s’est retroussée, boudeuse, toute sa figure s’est fermée, les sourcils froncés, les yeux inquiets il a commencé à pleurer très fort, comme ça, d’un coup. Je le plaignais d’un petit “oh” traînant et désolé. Il a cessé et repris son activité de succion déjà plus du tout inquiet. 

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 10:27
Elliot se réveille souvent la nuit, toutes les deux heures, parfois au bout d'une heure seulement. Il ne se calme pas tant qu'il n'est pas au sein pour téter goulûment. Cette nuit, sans prévenir deux réveils seulement et encore en comptant celui de cinq heure 30.

J'aurais pu en profiter pour dormir. Et bien non, le rythme des multiples réveils nocturnes est pris. J'attendais le signal pour me redresser et le saisir dans son hamac. Je n'avais que le doux bruit de sa respiration un peu ronflante parfois.

Elliot a quatre mois et dix jours, depuis trois jours, il fait l'effort de tirer sur sa nuque pour s'asseoir. Hier, il est resté tout simplement assis dans son transat pour mieux voir ses pieds et apprécier différemment son environnement. Je le soutenais avec des petits coussins, non pas qu'il en avait besoin pour se redresser mais pour éviter qu'il ne fatigue son dos encore insuffisamment musclé à son âge.

Je m'attends à ce qu'il rejette mon sein pour manger comme nous, qu'il marche à six mois et qu'il veuille aller à l'école comme ses cousins. J'exagère bien sûr, mais ses progrès sont tellement fulgurants qu'on peut tout imaginer. Toutefois, la mobylette à deux ans me paraît prématurée !!!

Il est de plus en plus mignon. C'est un vrai bonheur de s'en occuper et de lui dire des je t'aime à longueur de journée. 
Partager cet article
Repost0
22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 14:30

Son truc en ce moment, ce sont les babillages, ceux pour le plaisir, ceux pour communiquer, ceux qui interrogent, exigent une réponse, râlent dans des registres variés.

S’ils nous amusent le plus souvent, ils ne sont pas pour autant destinés à nous faire rire. 

 

Ne contenant pas encore du sens, ces babillages sont une production sonore qui apportent énormément de plaisir au bébé. Il s’écoute, répète, invente, reproduit des sons. Lorsque nous entamons une discussion, il découvre que sa maman aussi émet des sons et sans doute y a-t-il du mimétisme des deux côtés. Est-ce la maman qui initie le bébé à de nouveaux sons ou l’inverse ? Bébé veut-il émettre des sons comme sa maman et son papa ou babillerait-il sans jamais avoir entendu parler ? 

 

Les enfants sauvages nous montrent qu’on prend modèle sur son environnement. Il n’y a pas de doute, on est dans la reproduction, cependant a-t-il une intention de communication d’un message ou non ? C’est sans doute bien plus tard que son babillage deviendra un langage comme ce petit garçon qui, à plus d’un an, ne parle pas avec des mots mais sait se faire comprendre avec des grognements et des sons plus ou moins insistants et forts.

 

Alors, finalement peut-on qualifier nos duos de dialogues ? Peut-on dialoguer sans mettre de sens ? Nos conversations ne seraient-elles pas plutôt un simple échange de vocalises qui apportent certes du plaisir mais qui ne permet pas à l’enfant de saisir une intention ou un message ? Les différentes intonations ne font références à rien tant que le bébé n’a pas expérimenté la joie, l’étonnement, la colère... C’est donc un long accompagnement contextualisé qui permettra de mettre une intention ou un sentiment derrière un son. De même les gestes du langage des signes ne deviendront signifiants que lorsque le bébé connaîtra ce qui est signifié.

 

Peut-on donc connaître les choses avant de parler et comment parler si on ne connaît pas les choses ? Cette problématique purement linguistique pourrait d’ailleurs s’appliquer aussi bien aux débats courants dans lesquels on voit souvent des gens prendre la parole sur un sujet qu’ils ne connaissent pas. Nous sommes alors dans le verbiage. Le babillage pourrait être une sorte de verbiage mais contrairement aux personnes qui seraient pourtant capables d’accéder à du sens, le bébé construit petit à petit son langage en lui attribuant une valeur de communication, de partage agréable, un langage qui deviendra ensuite des questionnements harcelants pour les parents et une profusion de mots “plus gros les uns que les autres” qui déborderont de la bouche comme l’eau d’un fleuve en crue. Là, mon bébé connaitra l’impact de certains mots sur l’humeur de son entourage !

 

Mon bébé émet de vigoureux prouts baveux qui nous émerveillent ! Cependant, j’ai remarqué qu’ils précédaient parfois de la colère avec des pleurs qui succèdent. Peut-on alors encore qualifier cette expression d’agréable ou voir là, la traduction d’un bien être ? Le langage des bébés est étonnant et sans doute nous manque-t-il beaucoup d’indices pour en comprendre toute la finesse. 

 

Même si ce langage qui fonde malgré tout les relations entre les gens, n’en est pas un, le bébé est capable de nous émouvoir, de nous faire rire, de nous donner de l’inquiétude sur sa santé, de nous faire comprendre ses besoins ou non avec ses pleurs notamment, de nous capter de son regard et nous tenir ainsi en admiration devant lui... Ce n’est pas du langage mais faut-il toujours des mots pour se comprendre ?


Partager cet article
Repost0
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:54
Avec qui peut-on passer du temps à raconter des choses sans non et avec grande conviction ?

Entre petits éclats de rire, gémissement, étonnement, questionnement formulés simplement par une voyelle et voilà que s'amorce une grande conversation !
J'oubliais, l'expression de la colère, de l'impatience et tout simplement faire découvrir à son interlocuteur tous les nouveaux registres vocaux qu'on maîtrise depuis peu et dont on est super fier comme le râle de l'agonisant, le prout vibrant du bout des lèvres bavantes alternant avec de sonores émissions de voyelles.

Tout ça pour dire quoi ? Et bien, bébé s'exprime et attentifs, maman et papa répondent sur le même registre. Pas de doute, aucune conversation ne peut égaler celle-ci en intérêt et en qualité d'échange et d'écoute. Si, en moyenne on ne retient qu'un faible pourcentage du message contenu dans la conversation articulée de mots avec un alter égo, la conversation avec bébé atteint certainement pas loin du 100%  tant la découverte de ce mode d'expression qui est un véritable support de communication demande toute l'attention des deux apprentis, la mère ou le père et le bébé.

Il faut ajouter une bonne dose de mimiques expressives du visage et quelques gestes impliquant non seulement les mains mais parfois tout le corps, car bébé est autant attentif aux sons qu'aux efforts de communications corporelles de ses parents qui le rendent souvent hilare. 

Il faut dire que bébé se donne beaucoup de mal pour faire résonner sa voix dans la maison. La moindre des choses est donc de s'arrêter comme interpeller par un "truc" complètement nouveau pour bien l'identifier et finalement s'en émerveiller.

Surtout qu'il est admirable de voir avec quelle insistance et énergie bébé mobilise toutes ses facultés pour développer les plus beaux prouts et cris de préférence aigüs afin d'admirer sa capacité expressive, le superbe son de sa voix et l'effet indéniable sur son environnement.

Il nous regarde alors avec un immense sourire d'un air coquin qui nous dit "t'as vu, je peux même te le refaire !!!" 
 
Partager cet article
Repost0
15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 23:34

Le bébé est une personne (suite)

Parce qu’un bébé n’a pas juste besoin d’être nourri et changer, parce qu’un bébé a aussi besoin et le droit de s’exprimer, la totote du point de vue de Suzanne B.Robert-Ouvray, psychomotricienne, est à éviter fortement.

 

Quand on dit : “ la totote répond à un besoin de succion”, on se trompe.

Le bébé veut retrouver les sensations agréables qu’il connaît quand il est nourri, manipulé avec douceur, câliné. 

 

“C’est un sein vide, sans chaleur, sans liquide, sans tendresse. Le bébé tète du vide. Porteur d’une greffe maternelle, le bébé finit par s’accoutumer et il n’a plus l’occasion d’exprimer ses sentiments douloureux de colère, de rage, de tristesse. Il les tète.” p.225

 

Par ailleurs, ses pleurs expriment des choses différentes qu’une maman apprend à interpréter : “ La bouche du bébé a besoin d’être libre pour exprimer le début du langage que sont les pleurs, les gémissements et les vocalises.” p.224

 

La totote empêche l’expression des affects du bébé qui reste alors sous pression dans l’enveloppe corporelle tonique. Le bébé devient hypertonique. 
 

“ Nous savons qu’une tension corporelle qui peut être traduite en sensation, en affect et en paroles (celles de la mère), est intégrée. L’intégration a pour effet l’appartenance. Une tension intégrée devient une partie de soi, de l’univers psychocorporel du bébé. Une tension qui n’est pas passée par les différents niveaux d’organisation reste en suspens, comme un point noir dans l’organisme du bébé. Elle ne peut pas être rejetée dans le vide ; le défoulement n’a jamais permis l’intégration, il permet l’évacuation ponctuelle d’une tension, mais comme la balle de jokari au bout de son élastique, elle revient. Elle demande satisfaction. La satisfaction d’une tension, c’est son étayage psychique et son intégration.” p.225

 

Quand on dit :  "mieux vaut la totote que le pouce”, on se trompe.

“Il est prouvé que les problèmes d’ogive palatine ( palais trop creux et dents en avant) ne proviennent pas ni de la position du pouce dans la bouche ni celle de la sucette. Ce sont des déformations dues à la déglutition primaire quand l’enfant pousse sa langue contre son palais et contre ses dents pour avaler.” (...)”Un bébé hypertonique, qui a la nuque en extension reste plus longtemps en déglutition primaire. (...) Il pousse ainsi avec sa langue sur son palais et sur ses dents et les déforme.”p.228

 

 

La totote peut entraîner un phénomène de dépendance, phénomène qui pourra être répété à l’âge adulte par une dépendance à la cigarette ou autre drogue pour “se calmer”, comme quand on était petit.

 

“La totote plutôt que le pouce”, préfèrent certains parents pour garder le pouvoir sur l’enfant en la lui retirant ou en s’en servant pour faire du chantage.

 

Suzanne B.Robert-Ouvray donne ici son point de vue d’après des études et observations qui, de mon point de vue s’accordent avec la méthode ESPERE ( énergie spécifique pour écologie relationnelle essentielle) développée par Jacques Salomé, qui s’oppose au système SAPPE. 

 

Tandis que le système SAPPE instaure une relation dominant, dominé qui produit des réactions violentes ou l’autre devient Sourd, Aveugle, Pernicieux, Pervers, Energétivore, la méthode ESPERE  incite surtout chacun à revoir sa propre façon d’échanger, de partager, de s’approprier, de se confronter ou d’accepter les différences. 

 

Je retiens entre autre que cette capacité d’écoute nécessite de confirmer le point de vue de l’autre qui demande à être reconnu dans ce qu’il dit et au-delà, dans ce qu’il est. Cette relation communicante ne pourrait-elle pas s’appliquer aussi dans la relation parents-bébé?

 

 

Le bébé, à travers ses pleurs exprime des désirs d’échange, de satisfaction de besoins. Ne pas tenir compte de ce langage est une réponse violente qui maintient une relation dominant dominé au lieu de lâcher prise sur le contrôle de la relation et ainsi instaurer une relation créative vivante.

 

Référence internet pour accéder à la méthode ESPERE de Jacques Salomé :

http://www.j-salome.com/02-methode/0201-communiquer/concepts.php

 

“L’enfant tonique et sa mère” , Suzanne B.Robert-Ouvray, éd.DDB


Partager cet article
Repost0
9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 22:49
J'ai découvert un livre "l'enfant tonique et sa mère" écrit par une psychomotricienne, Suzanne B. Robert-Ouvray. Elle aborde la relation mère-enfant par le biais du développement psycho-moteur du bébé.

Elle nous rappelle qu'un bébé est une personne :(...) "il en a tous les droits : la sécurité, la tendresse, le respect, la reconnaissance, la liberté et les structures, l’expression et la communication, l’intégration, la compréhension, la réussite, le plaisir, le jeu, le mouvement.” p.145 

Ces quelques mots m’ont interpellée car bien souvent on considère les besoins physiologiques du bébé, car on peut facilement y répondre et on ignore ses besoins psychiques qui se traduisent par des manifestations émotionnelles difficiles à décrypter, d’autant plus quand, les parents ou la mère surtout les premiers mois, sont pris dans leur propre histoire ou leurs angoisses, peurs et désirs de façon plus ou moins consciente. On est alors plus ou moins réceptif aux manifestations de notre enfant.

La tonicité d'un bébé traduit les états émotionnels qu'il entretient dans sa relation d'attachement avec sa mère, les premiers mois, puisque c'est elle qui va satisfaire à ses besoins pour vivre. Ainsi, il éprouvera plus ou moins de tension au contact des vibrations émises par la mère, vibrations qui trahissent son anxiété. Toute les mères sont anxieuses et parfois se sentent coupable de cet état. Leurs compétences maternelles vont être influencées par cet état émotionnel que nous transmettons à notre enfant. 

L'attachement du bébé à sa mère est un réflexe. Son regard est suspendu à ses lèvres et à ses yeux. Il va donc tenter d'entrer en contact avec elle à tout prix et de ce fait va être une véritable éponge de ces affects. De la qualité de cet attachement nécessaire et réciproque l'enfant développera ensuite des comportements différents dans sa vie future. 

L'attachement est ce qui va ensuite permettre le détachement. Un enfant rassuré quand à l'amour que lui porte ses parents pourra alors, sans crainte d'être "abandonné", aller vers les autres et s'attacher à d'autres personnes. Du côté de la mère, l'attachement ne doit pas signifier que tous ses désirs d'avant l'enfant doivent être oublier au profit de son seul enfant. Au contraire, c'est parce qu'elle retrouvera ses désirs d'avant qu'elle pourra se détacher de son enfant. L'attachement et le détachement sont des compétences nécessaires à l'épanouissement de la mère et de l'enfant.

A ce titre, l'auteur donne quelques conseils concernant la façon de porter son enfant pour favoriser la construction de son identité corporelle, notamment en favorisant l'enroulement de l'enfant vers son centre en le portant de façon à le laisser s'enrouler contre soi. A ce titre, coucher les enfants sur le ventre, comme on nous le déconseille fortement aujourd'hui, conduit à une extension du bébé qui s'écrase ce qui génère du stress.

Conclusion personnelle. Pour l'arrivée de notre enfant, nous avons opté pour le portage en écharpe et le hamac pour dormir, deux moyens de permettre à l'enfant de conserver sa position "foetale" les premiers mois, position sécurisante et qui répond donc à un besoin physiologique. Porter son enfant ne veut pas dire "gâter" son enfant comme on peut nous le reprocher mais au contraire lui procurer une sécurité affective et répondre à un besoin physiologique.

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 23:34
Il est tard, j'ai dans la tête la berceuse qu'apprécie Elliot, elle est incomplète. La connaissez-vous ? J'improvise pour éviter les blancs...

"Fait dodo, paupière close
Dort, mon bel enfant.
J'ai pour toi, dans ma mémoire, des récits merveilleux

Je vais te dire une histoire
Ferme tes beaux yeux
......................................................................"



Il y a trois voix. Je n'en ai qu'une, je les alterne.

Avez-vous d'autres berceuses testées et garanties "pouvoir endormant haute performance" ??? 

Helo peut-être... 
Partager cet article
Repost0
1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 16:17
Elliot est dans mes bras. Hier soir, petite toux, ce matin visite chez le médecin, rhino pas céros mais pharyngite. Rien de méchant, mais, mouche bébé et sérum physiologique pour tout traitement. Elliot estime ce traitement suffisamment barbare.
 
Alors, on coucoune. Bien emmitouflé, on s'approche de la fenêtre. Mon bébé ne peut comprendre ce paysage qu'il découvre. Puis, comme dans la scène où Amélie Poulain attrape le bras de l'aveugle pour lui faire traverser la rue et partager quelques pas en commentant ce qu'elle voit, je montre avec des mots ce que les yeux d'Elliot voient sans pouvoir analyser tant d'images :

le marronier qui balance ses branches bousculées par un léger vent et qui déjà, perd ses feuilles toutes rouillées en même temps que ses marrons qui en tombant font exploser leur bogues. Ils jonchent l'herbe, là où les enfants, le week-end dernier, après les avoir ramassés les ont dispersés. Les asters forment un énorme bouquets violet de l'autre côté du muret de pierre, celui qu'on a remonté avec ton papa, pas aussi bien que les anciens, les grands-parents et arrières grands parents qui maîtrisaient ce genre de construction. Tanpis, les lézards trouveront quand même un abri dans les trous laissés à leur intention. Devant, le mille pertuis a encore de superbes fleurs jaunes. On ne prendra pas le chemin qui longe le muret aujourd'hui, histoire de se soigner un peu au chaud. Le linge va sécher avec le vent, tu as vu, les épingles à linges ont les couleurs de bonbons. J'aime beaucoup celles qui sont oranges. Un peu plus loin, on aperçoit presque les citrouilles qu'il faudra aller ramasser et cuisiner pour nos visiteurs de dimanche. 

Encore quelques pas, Elliot est attentif. Il avait si peur d'être abandonné dans son transat. Bien des tâches ménagères attendront... Il finit par s'endormir sous son capuchon de laine. Un petit ronflement égraine les secondes... Encore quelques minutes à profiter de cette tendre proximité puis, après un bref soupir les yeux entrouverts il reste et s'assoupit dans son transat sans protestation.

 
Partager cet article
Repost0
28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 23:47
Aurait-il peur des arbres ? Depuis quelques temps, difficile de prendre le chemin de promenade sans déclencher les pleurs. Je peux croire qu'il a faim et que le porter en l'allaitant s'impose avant d'aller plus loin, cependant, le fait se reproduit systématiquement. Aujourd'hui, j'appréhende de le glisser dans l'écharpe s'il ne vient pas juste de téter. 

Alors qu'il grandit, il demande plus fréquemment qu'avant le sein. Dix minutes lui suffisent pour "faire l eplein" car ensuite il se détourne ou somnole. Cependant, une heure après il réclame à nouveau. Cette fréquence augmente en même temps que son exigence à être dans les bras ou au moins en compagnie. La solitude l'inquiète et il aime être sollicité. Evidemment, il finit par s'exciter, trop de stimulations ne permettent pas de se reposer ni de trouver le sommeil.

Les journées alternent donc entre la "zénitude" parfaite et le branle bas de combat pendant lequel il faut assurer son poste de mère patiente dévouée et disponible.

Je ne m'en plains pas, d'autant plus que j'ai pris un congé parental pour en profiter !

En ce moment, il va de découvertes en découvertes. Ces babillages invitent à la conversation et nos jeux avec les mains inventent un nouveau lien de complicité. Il a découvert ses pieds, par hasard pendant le bain. Mais son truc en ce moment, c'est de dévorer ses mains en se cambrant en arrière et en donnant de vigoureux coup de pieds dans le vide. Franchement, un bébé c'est étonnant, impressionnant. Ses compétences motrices progressent de jour en jour et sa vigueur laisse les athlètes de haut niveau dans le peloton de queue. Etes-vous capable de balancer énergiquement vos jambes dans tous les sens sans les poser en tirant sur les abdos ? Moi, j'essaye même pas. La dernière fois que j'ai voulu imiter le pas espagnol d'un cheval, je me suis démonté le coude !

L'épicière était ravie de découvrir ce petit bébé redressé de façon presque comique dans l'écharpe sous mon menton, observateur et attentif à son environnement, qui, ne l'oublions pas change tous les jours à ses sens qui se développent progressivement.
Elle me promet qu'avec ses beaux yeux bleus il va faire craquer les filles. Pour le moment, c'est moi qui craque !


 
Partager cet article
Repost0
21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 22:28
Cette après-midi, espérant une sieste d'Elliot qui m'aurait permis de récupérer de mes "nuits gruyères", j'attrape un livre pendant qu'il termine de téter.

Généralement, la tétée précède la sieste en cododo, à moins qu'elle ne se poursuive pendant "ma sieste". Quand je me réveille, il tête toujours. Je ne sais pas s'il a interrompu un moment son repas, les mouvements de sa bouche paraissent automatiques et sans une réelle efficacité. Il garde les yeux fermés. C'est un moment de douceur et de quiétude simple.

Bref, avant que la fatigue ou la chaleur ne plombent mes paupières, je découvre un passage sur les pleurs des bébés et l'éternelle question qui les accompagne : faut-il nourrir systématiquement le bébé qui pleure quand on allaite ou faut-il le laisser pleurer, car il peut en avoir besoin pour décharger ses émotions ?

Mon instinct me pousse à l'allaiter. C'est aussi une façon simple de répondre à sa détresse et ainsi le rassurer. Pour certains, ce n'est pas le but de l'allaitement et ne pas laisser pleurer son enfant quand on sait qu'il a le ventre plein et les couches propres, c'est lui couper un droit d'expression fondamental pour qu'il sache identifier ses besoins. Ainsi, "je pleure" n'est pas toujours associé à "j'ai faim", mais à "j'ai besoin de me décharger un peu de mes émotions que je ne peux exprimer encore par des mots" par exemple.

Elliot est en train de téter, la tétée précédente n'est pas bien loin. Il pleurait. Au réveil, il est seul aujourd'hui. Il pleure. C'est paraît-il caractéristique d'un bébé qui s'est endormi sans avoir pu satisfaire son vrai besoin. Le remettre au sein c'est recommencer une frustration.

Bon, je pense qu'effectivement, Elliot tête plus souvent qu'il n'a besoin. Un peu pour le plaisir, un peu pour qu'on s'occupe de lui, un peu pour ne pas être seul... Moi, ça me va parce que j'ai besoin de ses sollicitations pour me sentir "mère". Et puis, si mon bébé pleure, c'est qu'il a besoin qu'on l'écoute. Un enfant plus grand qui pleure, je l'écoute, un adulte qui pleure je compatis, parfois je pleure et j'aimerai une épaule. Alors, je prête la mienne à mon bébé, c'est la moindre des choses. De toute façon, quand il veut pleurer le soir, rien ne le console. On ne peut que compatir en le prenant dans nos bras, écouter sa plainte et sentir monter en nous toute cette détresse qui nous ramène à des souvenirs douloureux, ceux de l'accouchement.  

Si Elliot pleurait cette après-midi, c'est plutôt parce qu'il s'est retrouvé seul à son réveil. Traîtrise ! Sa maman avait profité de son sommeil pour s'éclipser. Petite contrariété. Ensuite, hors de question d'être abandonné sur le transat, ce sera dans l'écharpe et nul part ailleurs. Si ce n'est pas un ordre ça y ressemble et malheur à celui ou à celle qui n'y prêterait pas attention.

Quand Elliot a sommeil, l'écharpe, ça marche à tous les coups. On en profite pour faire une petite balade avec l'une de nos chow chow. Au réveil il pleure. Trop tôt disent les adeptes du "défouloire", "vite au sein" disent les adeptes de l'allaitement à la demande. Aujourd'hui, j'ai essayé les pleurs. Dur dur. 20 minutes avec pause pour respirer et reprendre son souffle. Bilan, il a ensuite pris le sein une fois calme puis dodo. Mais pas tout seul. Petit passage par l'écharpe avant de regagner son hamac. Et là, il dort depuis bientôt trois heures, d'habitude, il ne s'endort pas avant 22H00 au mieux. Alors, fallait-il le laisser pleurer ou non ?

Elliot pleurait beaucoup au début. Je l'ai beaucoup porté en écharpe et allaité à la demande. il est beaucoup plus serein aujourd'hui. Les pleurs du soir sont plus brèves. L'allaitement, avant l'endormissement est plus long le soir. Je prend mon temps ou plutôt je lui donne tout le temps qu'il veut. Il peut alors dormir cinq ou six heures avant de se réveiller pour têter. 

Mon ami me rassure et me conseille de continuer comme j'ai toujours fait au lieu d'essayer de suivre les conseils livresques.

Merci de réagir à cet article.

 
Partager cet article
Repost0