Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 15:15

Elliot a 19 jours.
Chaque jour apporte son lot de nouveauté et je découvre ce que c'est qu'un être en devenir.
Son cerveau s'ouvre à de nouvelles perceptions et à la place d'une interrogation inquiète des premiers jours, je perçois dans son regard de la curiosité et une demande d'intéraction. 

Grâce à l'allaitement, je reste toujours dans un périmètre étroit avec mon bébé, car lorsqu'il pleure, même les bras de son papa sont impuissants à le calmer.
Cette proximité m'a déconcertée quand, une fois rentrée à la maison, je suis "obligée" de garder mon bébé dans les bras et de l'allaiter toute une après-midi et soirée. Cette "contrainte" n'était pas si flagrante à la maternité où tout mon temps était pour lui. Je ne pensais pas que je serais aussi accaparée à la maison où de nombreuses tâches ménagères s'imposent.
J'en prend largement mon parti aujourd'hui, car je vois tout le bien-être que ça lui apporte et l'importance de cette proximité dans la construction de la relation.

A ce titre, le portage dans l'écharpe facilite l'apaisement, quand, après une tétée il ne peut s'endormir seul dans son hamac la journée. Malgré la chaleur extérieure, nous sommes bien tous les deux, et les "kilomètres" habituels pendant des après-midi à marcher de long en large pour calmer son bébé qui ne fait que pleurer sont moins fréquentes.

Evidemment, une telle pratique de portage presque continue n'a pas bonne presse auprès de nos mères qui pensent que c'est là une mauvaise habitude donnée au bébé.

Je considère simplement que je réponds à un besoin, puisque Elliot s'apaise ainsi. Ces bébés ont l'air si vulnérables, parfois il ne faut écouter que son "instinct" pour essayer de les aider à se développer et prendre confiance en eux.  

Les sages-femmes nous ont prévenus, maintenant, la priorité c'est le bébé. Au moins, l'esprit n'est pas toujours harcelé par mille petites préoccupations quand d'un seul coup une responsabilité s'impose.

Partager cet article
Repost0
8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 12:39
Mon médecin homéopathe m'a prescrit des probiotiques pour améliorer ma flore intestinale de façon à la transmettre à mon futur bébé. La maman transmet à son enfant sa flore.
Cette précaution permettrait par ailleurs de limiter les colliques du nourrisson.

"Les probiotiques sont des micro-organismes qui, lorsqu'ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent un effet théoriquement bénéfique sur la santé de l'hôte." (Wikipédia)
Partager cet article
Repost0
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 10:59
Comme dans un cocon

A la naissance, le bébé doit découvrir un nouvel environnement sensitif mais aussi kinesthésique. En effet, il passe d'une position regroupée et serrée dans la "gaine" de l'utérus, position qui nous paraît bien inconfortable, à une situation où rien ne le maintient si ce n'est son habitude d'être recroquevillé qui le ramène dans une position foetale.
Il affronte la position allongée, la tête aplatie sur l'oreiller, l'estomac en extension qui crie famine ou douleur...
Le hamac, c'est le rêve. Il ressemble au colis que la cigogne tient dans son bec.
Ca tombe bien, dans le colis il y a aussi un bébé.
En plus, le hamac bouge au rythme des mouvements du bébé. On peut même suspendre un petit mobile à la barre transversale.
Il peut y rester jusqu'à 6 mois pour les nuits et un an pour les siestes.
On verra ce qu'il en pensera quand il sera là. Pour le moment c'est un poupon qui fait les essais.
Partager cet article
Repost0
12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 16:24

“La peau et le toucher, un premier langage” Ashley Montagu.

 

Je me suis intéressée à ce livre en découvrant l’importance du massage pour bébé, le portage en écharpe, le hamac et la baignoire shantala qui reprennent les sensations kinesthésiques de la vie intra-utérine et développent les sensations de la peau. 
Ce livre et bien d’autres nous permettent de retrouver des repères qui permettent d’anticiper sur la construction future de notre lien avec l’enfant à naître.

Nous pouvons nous passer de certains sens. Mais le sens tactile, c’est impossible. En effet comment retirer sa main du feu pour ne pas être brûlé si on ne ressent pas la douleur.

Partant de ce constat, la stimulation tactile est primordiale pour le développement de tout être aux différentes périodes de la vie.

La peau du foetus se développe en premier dans le ventre de la mère. En cela, elle est essentielle à la protection du bébé et à sa communication avec le monde extérieur.

Certains auteurs se sont interrogés sur les incidences physiques et comportementales des stimulations cutanées sur le développement d’un être vivant et les effets d’une éventuelle carence.

On a observé chez les mammifères la fonction essentielle du léchage. Ce n’est pas un simple débarbouillage mais une action vitale pour stimuler les systèmes génito-urinaire et gastro-intestinal. Des petits qui ne bénéficieraient pas de ce soin mouraient faute de pouvoir uriner et déféquer. 

Nous serions avec quelques grands singes les seuls à ne pas lécher nos petits.

Les stimulations de la peau permettent d’augmenter l’efficacité du système immunitaire.

Les caresses de la main sont l’équivalent du léchage chez les autres animaux et fournissent un plaisir tactile qui concourt à la formation de l’aptitude à aimer.

Ashley Montaigu avance par ailleurs l’importance des contractions pendant la phase de travail au moment de l’accouchement qui seraient autant de stimulation pour la peau du foetus. D’ailleurs, elle ne situe pas la fin de la gestation au moment de la naissance. Le nouveau-né n’est qu’à moitié achevé et doit recevoir des stimulations cutanées.

C’est parce que l’enfant serait trop gros à la naissance qu’il ne naît pas achevé. La femme ne pourrait pas accoucher.

D’où l’importance de l’allaitement qui permet la symbiose tant physique que psychologique nécessaire à la gestation hors de la matrice mais pas unique.

Les contractions auraient donc cette fonction vitale attribuée au léchage chez les autres animaux, c’est à dire d’activer les systèmes vitaux et assurer leur fonctionnement correct.

Les contractions de l’utérus stimulent la peau qui envoie des impulsions au système nerveux qui transmet l’information aux différents organes.

Pour les enfants prématurés des problèmes comportementaux sont plus fréquemment observés : hyperactivité, contrôle tardif des sphincters....

Les risques de mortalité sont accrus chez les enfants nés par césarienne. D’où l’importance de les stimuler par des caresses. Tout dépend si la césarienne a eu lieu avant ou après la phase de travail.

Au XIX e siècle beaucoup d’enfants mouraient de dépérissement : le marasmus. On prônait à l’époque la distanciation en ne prenant pas l’enfant dans ses bras quand il pleurait, en ne le gâtant pas par trop de caresses et en proposant le biberon.

Or, être touché, pris dans les bras, caressé, cajolé, parlé sont des attitudes sécurisantes.

La triste expérience de Frédéric II, empereur d’Allemagne au XIIIe siècle, qui voulait savoir comment parleraient les enfants en dehors de toute imprégnation de langage aboutit à la mort des enfants. La berceuse et les mots doux apaisent l’enfant.

Les sensations de la peau et la sensibilité kinesthésique semblent être le plus important pour le jeune bébé. La chaleur intra-utérine est préservée à la naissance par le vernix caseosa qu’il ne faudrait pas enlever avant le premier allaitement. Les nouveaux-nés sont sensibles aux courant d’air et au refroidissement, cependant, s’ils ont trop chaud en mangeant ils absorbent moins de calories et sont moins énergiques pour téter.

On peut retenir trois éléments importants qui interviennent dans l’affection maternelle :

- des stimulations externes de l’enfant par le contact étroit de tout le corps, les sensations de chaleur, la tétée, les perceptions visuelles et auditives.

- le vécu de la mère par rapport à sa propre enfance, sa relation avec  les enfants qu’elle a porté ou l’expérience acquise avec d’autres nourrissons.

- les facteurs endocriniens qui interviennent lors de la grossesse, de l’accouchement et du retour à un cycle ovulaire normal.

La chaleur, la douceur et la tendresse d’une mère sont aussi importantes que le lait pour le développement du bébé.

Partager cet article
Repost0
4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 22:30

Quelques lectures


“Les étapes majeures de l’enfance” Françoise Dolto

“Points forts, de la naissance à 3 ans” T.Berry Brazelton tome 1

“L’hygiène naturelle de l’enfant, la vie sans couche” Sandrine Monrocher-Zaffarano


Selon F.Dolto la propreté vient toute seule à la condition que le système nerveux central soit totalement achevé. L’âge de la continence diurne se situe donc vers dix-neuf, vingt mois pour les filles, vers vingt-quatre mois pour les garçons. Trois mois plus tard on observe la continence d’urine nocturne.


Elle distingue la notion de propreté et de continence. Tous les animaux sont continents, le petit d’homme y compris. Il doit simplement apprendre où il doit déposer ses excréments.


L’enfant a la notion de bien et de mal très vite. Ces notions sont associées au vocabulaire utilisé pour qualifier des choses par l’adulte. Lorsque l’adulte utilise l’expression “c’est caca” pour qualifier une chose, l’enfant associe le caca à quelque chose de mal, de sale, de laid.

Or, ce qui est laid ou sale n’est pas mal, ce n’est juste pas ordinaire mais aucunement nuisible aux autres ou à soi-même. C’est là une déformation du sens moral qui prend source dans l’éducation du tout petit.


Contre le dressage à la propreté.


Névrose, trouble du caractère à l’âge adulte ont là leur origine.

L’adulte attire l’attention de l’enfant sur l’anus et le méat urinaire et leur donne une valeur esthétique et moral de beau, bien si l’enfant ne se salit pas et de mal si ce n’est pas le cas. Ces régions deviennent source d’agrément ou de désagrément.


Ne jamais dire à un enfant que c’est sale quand il aura fait caca dans sa couche. Il a fait pipi ou il a fait caca sont des remarques suffisantes.

On ne parle de l’odeur que lorsque l’enfant y fait allusion. Pas de jugement de valeur, on explique à l’enfant que cela ne sert plus à rien et c’est pour cela qu’on jette les excréments et non pas parce que c’est laid.


Le travail musculaire


Vers dix-huit mois l’enfant maîtrise ses muscles volontaires. Il peur monter et descendre un escalier de cinq marches seul. Il transporte des objets, il lance un ballon avec le pied ou jette une pierre avec une main dans une direction, mesure l’élan avec lequel il pousse sa voiture, ouvre et ferme une boîte, boutonne et déboutonne, plie un objet... tout un tas d’activités qui nécessitent une coordination des gestes, de l’équilibre, de la force, de l’orientation. C’est une éducation suivie par l’adulte avec attention, conseils et estime quand l’enfant réussi. C’est là, un apprentissage de maîtrise de son corps qui est utile pour l’acquisition de la propreté sans recourir au dressage.

L’enfant n’est pas là pour faire plaisir à l’adulte. On mange, on grandit, on maîtrise son corps pour le plaisir de conquête personnelle.


On croit donner des bonnes habitudes en oubliant qu’il est nécessaire que les références nerveuses qui permettent de percevoir les besoins d’évacuation ne sont pas prêtes.


Humaniser sa relation à l’enfant


L’enfant soumis à ce dressage à la propreté doit se révolter et s’opposer à cette volonté de l’adulte sous peine de ne jamais pouvoir exprimer ses désirs déjà culpabilisés et non distingués des besoins excrémentiels.

Il en va de sa santé psychique.

L’attitude de l’adulte qui veut dresser ainsi son enfant est perverse même si elle s’inscrit dans une éducation transmise de mère en fille. L’état de bébé est réduit au désir de l’adulte qui le traite comme un objet et lui dénie son statut d’homme ou de femme.


L’enfant doit pouvoir exprimer par des paroles ses besoins pour être libre de son corps.


C’est l’apparition de ses désirs, de ses activités personnelles, de ses initiatives qui doivent être entourés de paroles gaies et joyeuses plutôt que la régulation des besoins d’un enfant qui doit obéir. Ainsi se structure l’être humain.


Initier au moins une demi heure par jour l’enfant à partir de dix-huit, vingt mois, au toucher de tous les objets qui l’intéressent en lui montrant les manipulations sécurisées de tous les objets usuels qui sont au foyer. 

L’adresse corporelle, l’intérêt aux jeux, la parole advenue l’enfant aura envie de s’identifier au comportement de l’adulte. C’est alors qu’on pourra lui apprendre à faire ses besoins dans le pot de chambre placé aux toilettes, sans l’y obliger. Il est félicité s’il fait dans le pot, consolé quand il n’y arrive pas encore.


F.Dolto préconise des prématernelles quand la fréquentation sociale devient nécessaire avec d’autres enfants où l’aspect ludique, moteur et le vocabulaire seraient privilégiés. Cet espace pourrait être ouvert aux parents ou à un membre de la famille pour vivre au milieu des enfants.


Pour conclure sur les propos de F. Dolto, seuls les parents qui respectent  soutiennent socialement et pécuniairement les désirs de leur enfant ont une éducation intelligente. En retour, les enfants se sentent en confiance et respectés dans leur accès à l’autonomie.



T.Berry Brazelton évoque la pression à la propreté sur les parents qui vont être alors juger de bons ou mauvais éducateurs en fonction de la précocité de leur enfant. Il rejoint le point de vue de F.Dolto qui rend à l’enfant le droit de prendre ses propres décisions, en dépit de ce modèle de dressage transmis par la génération précédente et qui fait autorité dans les esprits.

L’affirmation de son indépendance à partir d’un an pose problème à l’enfant qui se heurte à ses parents dans une lutte pour le pouvoir. L’échec est assuré.

Les conflits entraînent parfois des pathologies.

Il faut parfois remédier à d’importants problèmes de constipation pour lesquels un laxatif doux et une pression relâchée sont nécessaires.

Des fuites d’urine peuvent être dûes au stress. Tout examen médical est vécu alors de façon intrusive et stressante par l’enfant.

La pression à la propreté de la part des parents est infondée puisqu’elle adviendra. La volonté de contrôle des parents ne peut engendrer que des problèmes qui très vite peuvent dégénérer.

L’énurésie est un problème culpabilisant à la fois pour les parents et l’enfant qui subit les remarques de ses camarades. Son origine peut se situer dans une immaturité de contrôle de la vessie ou du sommeil qui doit permettre à l’enfant de se réveiller avant de se mouiller. Il faut permettre à l’enfant de développer son propre rythme en lui laissant le temps.

Des problèmes urinaires peuvent venir de la vessie ou des reins. Une visite chez le médecin s’impose.


L’hygiène naturelle de l’enfant

L’hygiène naturelle de l’enfant est une tentative d’acquisition de la propreté dès la naissance jusqu’à dix-huit mois. 

Les défenseurs de cette attitude considèrent que l’enfant est capable de ressentir ses besoins, c’est à dire retenir ou relâcher ses mictions. Des signes d’appel sont à détecter suivis de la mise sur le pot. Ainsi, l’enfant ne subit pas le désagrément des fesses souillées ce qui accroît son bien-être.


Afin de répondre à leurs détracteurs, l’acquisition de la propreté dans ces conditions serait une attitude plus à l’écoute des besoins de l’enfant. Le bébé doit être encouragé, jamais puni. Evidemment, la fréquence des besoins d’uriner de l’enfant au tout début de la vie ne permet pas une propreté rapide. Aux parents de persévérer ou non.

L’identification des signaux lancés par l’enfant ne sont pas évident. Il faut apprendre à communiquer avec son enfant pour comprendre ses demandes. On admet qu’il y aura des ratés.

Tarder dans l’apprentissage de la propreté c’est devoir ensuite réapprendre à écouter les signaux de son corps pour l’enfant.

On peut qualifier cette attitude de hautement intrusive dans la vie et le ressenti de l’enfant, car l’interprétation peut être erronée mais en plus toujours orientée sur la propreté.

Il s’agit beaucoup d’intuition. On associe alors le langage des signes lorsqu’il n’y a pas encore la parole, à l’action pour être parfaitement d’accord sur l’intention.

Il faut évidemment soutenir le bébé jusqu’à ce qu’il puisse seul aller sur son pot.


Finalement...

C’est dans un souci d’accueillir notre enfant dans les meilleures conditions possibles que je me suis intéressée à l’acquisition de la propreté qui fait tant débat et qui semble être un révélateur de réussite ou non dans la communication avec son enfant. 

Au-delà de cet aspect purement culturel, déterminer la meilleure attitude qu’il soit possible revient à se stresser par rapport à ce moment dans la vie de l’enfant et donc certainement à trop se focaliser dessus. Certainement, des réussites d’acquisition précoce de la propreté ont été observé grâce à la pratique de l’hygiène naturelle de l’enfant. De même, laisser à l’enfant le temps et le droit de pouvoir exprimer son désir de faire dans le pot a permis d’éviter bien du stress inutile.

On ne peut par ailleurs associer l’hygiène naturelle a des arguments écologiques pour insister sur son bien fondé.

Il doit être de l’acquisition de la propreté comme de l’acquisition du langage ou de toutes autres acquisitions importantes un point essentiel qui est le respect de l’intégrité physique et psychique de son enfant qui se construit dans l’échange et l’écoute bienveillante par l’adulte, en excluant une attitude dictée par une pression de l’environnement.

Je serais heureuse de voir mon enfant développer des compétences motrices et créatives, prendre des initiatives, aller vers les autres pour communiquer, même s’il doit porter des couches jusqu’à trois ans. Est-ce incompatible ?

Partager cet article
Repost0
29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 09:39

Cet état bien particulier, long et finalement si bref à la fois, interroge autant sur l’avenir que sur ce présent si prompt à devenir du passé.

Profiter de ce moment privilégié, c’est vivre pleinement l’instant présent, celui qui est généralement envahi par le stress quotidien. Le temps s’est arrêté un instant et pourtant... 

Un être est en devenir.

Charles Péguy définit le temps comme un passage. Le présent n’existe pas puisqu’il ne subsiste pas, il est sans durée. Or exister c’est durer. Le temps est donc un passage. Il permet au chose d’advenir et finalement de n’être plus.

Le bébé qui bouge en moi va naître. Comme un projet qui se construit et qui va aboutir. Tout mon corps et mon esprit sont tendus vers cet événement en cours et à venir, indifférent à ces considérations temporelles comme si le temps de l’attente réunissait dans une même unité le passé réactivé, le présent si prégnant et l’avenir préparé et inéluctable.

De cette distanciation avec le temps, se développe une sorte de sérénité qui permet de percevoir les difficultés quotidiennes de façon relative et de s’ouvrir à d’autres formes de penser car rien ne semble pouvoir atteindre ou déstabiliser ce petit château d’ivoire qui nous protège et rend le monde beau.

La grossesse est un moment de réconciliation avec notre nature humaine. Comme un éternel recommencement qui nous surprend, quand, soudain on s’inscrit dans ce cycle de vie et de mort qui ne semblait pas nous toucher jusque là, et sentir son appartenance à ce tout, après avoir expérimenté la vie de l’électron libre qui ne sait pas que sa vie est éclatée tant qu’il n’a pas trouvé ce tout qui lui donne son identité, son but et le sens à toute chose. Nous sommes les membres d’une espèce dépendante d’un milieu, dépendante de son patrimoine génétique, dépendante d’un cycle de vie et de mort et en donnant naissance, nous sommes les acteurs de l’épanouissement de la vie qui nous anime, et qui nous animait bien avant que nous ne la percevions. Le miracle de la maternité c’est tout cela, ce tout qui nous ramène à nos origines et fonde notre existence, c’est aussi la conscience de ce temps qui file et avec lui des rêves non tentés. Donner un peu de réalité et se donner les moyens de les concrétiser est un pas vers l’idée que toute idée n’est bonne que si elle est tentée. 

La grossesse, c’est aussi un temps de réconciliation avec le mot famille. Il prend une nouvelle dimension. La famille contient autant notre histoire que l’avenir de l’enfant qu’on porte. Il sera aussi tel qu’il est parce qu’il est de ces familles-là, celle du père et de la mère. Les expériences de la vie le construiront également bien sûr. On pose les questions sur nos propres débuts de vie et sur le ressenti de nos parents. Aujourd’hui, cet accueil des premiers jours de vie est pointé comme la cause de beaucoup de troubles psychologiques voire pathologiques de l’enfant puis de l’adulte.


Nous ne souhaitions pas avoir d’enfant. Voilà des mots que notre entourage a souvent entendu. A force d’arguments plus personne n’y croyait. Beaucoup d’incompréhension et finalement, certains, découragés par la difficulté d’éduquer leurs enfants ou sensibilisés par nos arguments inspirés autant par l’écologie que par l’affirmation de notre incapacité à gérer l’éducation d’un enfant dans le rythme de notre vie actuelle, tombaient d’accord avec notre choix. 

Est-ce le temps, encore lui qui nous a rattrapé ? Peut-on enfouir réellement ce désir d’enfant derrière des arguments ? Nous avons décidé, il y a quatre ans, d’arrêter toute contraception, advienne ce qui devra. Laissant au hasard et au temps le bonheur d’avoir un enfant, nous avions fini par penser que nous ne serions jamais parents. Au début de l’automne, pourtant, l’enfant est venu. Mieux, au début de l’hiver il a confirmé qu’il restait. 

Nous étions les parents les plus heureux du monde. Nos parents n’en revenaient pas.Ils ne s’attendaient pas à une telle nouvelle le jour où nous les avons réunis pour un simple repas convivial. Il faut dire que je fête mes quarante ans cette année. La joie était au rendez-vous et les sarcasmes ne sont pas venus. A croire que personne ne nous avait jamais vraiment cru quand nous refusions la perspective d’un enfant.

Mais, l’histoire personnelle de chacun nous amène parfois sur des chemins qu’on suit plus par impossibilité de tenir une autre voix, du moins c’est ce que l’on croit, puisqu’un jour, il suffit d’un rien, là d’un test de grossesse positif, pour qu’on change de chemin sans plus aucune considération pour tout ce qui nous en empêchait jusque là. 

La venue de l’enfant a changé ma perception de la vie. Plutôt déprimée ( pas dépressive), peu confiante en moi, perdue dans mes rêves, très négative sur ma capacité d’action, j’ai découvert dans ce temps rendu par la nécessité du repos, la douce langueur qui offre le temps d’exister. D’abord inquiète puis subjuguée finalement confiante, ce rêve puis cette chose qui m’assiège puis cet être qui prend forme au fur et à mesure des échographies, tout ce cheminement est devenu la réalité d’un être à naître dont il va falloir s’occuper qui n’est pas qu’un fantasme mais une réalité vraie, impérieuse et qui nous rappellera sans cesse à nos obligations. 

Dans ce contexte, nous avons été amenés à nous poser énormément de questions, à nous positionner sur certains choix encore marginaux. J’aimerai soumettre certains sujets ici afin de susciter des réflexions et partager les expériences de chacun.

Partager cet article
Repost0