Je réagis ici à un article très intéressant lu sur le blog de fraise des bois concernant des recherches médicales révolutionnaires à la fois d’un point de vue médical et éthique. Ces recherches tendent à mettre en évidences le lien entre l’agressivité des enfants et le vécu périnatal, conditionné par des facteurs chimiques et génétiques.
Je m’interroge sur la définition même d’un individu libre de ses actes et pensées. Ces recherches tendent à démontrer que nous ne sommes que la somme de nos gènes et de processus physico-chimique.
C’est justement contre cette approche médicalisée à outrance que je lutte quand j’espère pouvoir affirmer mon désir de vivre selon mon choix mon prochain accouchement.
Extraits d’un document PDF intitulé : la pharmacogénomique : perspectives et enjeux éthico-juridiques. Ces extraits posent tous les problèmes liés à ce type de recherche.
“Bien que les termes pharmacogénomique et pharmacogénétique désignent des réalités quelque peu différentes, les deux termes sont souvent utilisés pour référer à une même activité. En effet, on utilise indifféremment l’un ou l’autre de ces termes pour parler d’un même type de recherche : celle qui vise a comprendre la relation fondamentale entre les médicaments et les gènes.”
Ce nouveau type de recherche pose des problèmes déontologiques, politiques, sociaux et technologique.
Plusieurs enjeux éthiques dont :
la génétique des populations
les banques de données génétiques
les groupes orphelins
le devoir des professionnels
Ces enjeux doivent être éclairés par les principes de bioéthiques d’autonomie, de bienfaisance, de justice, de respect de la vie privée et de respect des communautés.
« Respecter l’autonomie d’autrui, ce n’est pas seulement faire appel à son
autodétermination, c’est l’aider à aller au bout de lui-même, à découvrir et à choisir ce qui va dans le sens du respect et de la dignité humaine. »
La recherche génétique sur les populations crée donc de nouveaux enjeux par son implication familiale et son potentiel stigmatisant pour certaines communautés ethniques.
Une telle approche peut s’avérer un bon point de départ, mais on constate qu’elle est insuffisante pour protéger adéquatement les populations, ceci en vertu des principes de justice, d’autonomie et de respect des communautés.
En ce qui concerne les groupes orphelins les assureurs pourraient conclure que des médicaments ne devraient pas être remboursés aux gens ayant un profil génétique pour lequel le médicament présenterait une efficacité moindre ou des risques d’effets indésirables.
Cette réalité est pour le moins inquiétante quand on sait que les tests pharmacogénomiques, tout comme les autres tests génétiques, ne peuvent qu’être interprétés en terme de probabilité et non de certitude dans la majorité des cas.
Si l’on poursuit la réflexion, on doit ensuite se demander si le médecin aurait
une obligation éthique d’avoir recours à la pharmacogénomique avant de prescrire des médicaments et si oui, se demander si cette obligation éthique imposerait également au médecin de prescrire les médicaments selon les résultats génétiques du patient.
Jusqu’à maintenant, la pharmacogénomique a surtout été faite de
beaucoup d’espoirs et de recherches ayant débouché sur peu d’applications. De plus, il est maintenant clair que la réponse aux médicaments ne dépend pas seulement du génotype mais aussi d’une foule d’autres facteurs environnementaux.
Merci de réagir à cet article.