5 semaines et je ne vois plus le nouveau né, mais bien un petit bébé, un enfant en devenir qui pointe ses exigences, ses désirs de bien être, ses habitudes et qui est demandeur d'expériences et finalement qui s'adapte très bien à des situations nouvelles : sortir, être porté "n'importe comment", être massé...
Il sait qu'on ne le laissera pas pleurer dans son hamac, qu'on lui changera les couches souvent, qu'on lui fera des petites causettes, des jeux, des sourires ( j'ai eu droit aux siens aujourd'hui avec un petit "aeu" pendant que je le changeais en jouant)qu'on le portera et "trimballera" avec nous.
Il a découvert le hennissement de notre pouliche qui était séparée de sa mère pendant qu'elle était montée. Bon là aussi, le sevrage, on tarde, elles sont si bien ensemble ( la pouliche a 16 mois !).
Il a découvert, l'allaitement "sauve qui peut" dehors en plein vent ( oui, mais bien protégé dans l'écharpe avec une protection contre le vent en plus).
Son visage est expressif et il nous suit des yeux ou reste dans un long face à face. Je ne sais pas de quel côté il y a le plus de curiosité ! Un bébé, c'est fascinant, d'autant plus quand c'est le sien. On le découvre, on se découvre, on a l'impression de ne faire qu'un parfois, tant nos actes et nos pensées sont tournées vers lui.
L'attirance qu'exerce le bébé sur ceux qui l'approchent, lui garantit de survivre puisque contrairement aux autres mammifères, il est complètement dépendant de l'attachement qu'on pourra lui marquer pour être protégé, nourri et cajolé.
Pour nos parents et les gens de leur génération, nous sommes trop "collés" l'un à l'autre. Mais comment accepter de laisser pleurer son enfant jusqu'à épuisement sans qu'un signal d'alerte ne se déclenche en nous et nous fasse accourir auprès d'un petit être en souffrance.
"Vous allez le gâter" entendons nous souvent. Mais comment concevoir qu'on nous dise d'aller nous calmer dans notre coin avant de pouvoir recevoir une aide quand on est en détresse, nous adulte. Alors, pourquoi infliger l'angoisse à un bébé qui supporte déjà bien des douleurs dues à son développement ?
Le bébé s'attend à vivre les mêmes expériences que dans l'utérus : pas de faim, pas de solitude, un environnement sécurisant et chaleureux... Ce vécu post natal est très important et conditionne les réactions futures de l'adulte qu'il deviendra face aux difficultés. Un bébé qui n'aura pas été écouté, rassuré et apaisé quand il pleurait sera sans doute un adulte qui ne pourra pas s'apaiser et vivra toujours, pour son équilibre, avec une dose de stress. Un bébé dont on fait taire les pleurs en lui "enfournant" une totote dans la bouche, quel adulte pourra-t-l devenir ? Ou encore, ceux qu'on calme en leur donnant trop à manger ou en les obligeant à dormir dans leur chambre...?
Je ne me serais pas poser toutes ces questions si découvrant les joies de la maternité je ne m'étais heurter aux multiples "conseils" de mon entourage ou comment culpabiliser une mère et la faire douter sur ses bonnes intentions.
Je souhaite qu'Elliot grandisse, parte faire sa vie et revienne de temps en temps nous raconter ses "voyages". Nous serons fier de lui. Avec de telles souhaits peut-on "gâter" un enfant ?