Elliot a 19 jours.
Chaque jour apporte son lot de nouveauté et je découvre ce que c'est qu'un être en devenir.
Son cerveau s'ouvre à de nouvelles perceptions et à la place d'une interrogation inquiète des premiers jours, je perçois dans son regard de la curiosité et une demande d'intéraction.
Grâce à l'allaitement, je reste toujours dans un périmètre étroit avec mon bébé, car lorsqu'il pleure, même les bras de son papa sont impuissants à le calmer.
Cette proximité m'a déconcertée quand, une fois rentrée à la maison, je suis "obligée" de garder mon bébé dans les bras et de l'allaiter toute une après-midi et soirée. Cette "contrainte" n'était pas si flagrante à la maternité où tout mon temps était pour lui. Je ne pensais pas que je serais aussi accaparée à la maison où de nombreuses tâches ménagères s'imposent.
J'en prend largement mon parti aujourd'hui, car je vois tout le bien-être que ça lui apporte et l'importance de cette proximité dans la construction de la relation.
A ce titre, le portage dans l'écharpe facilite l'apaisement, quand, après une tétée il ne peut s'endormir seul dans son hamac la journée. Malgré la chaleur extérieure, nous sommes bien tous les deux, et les "kilomètres" habituels pendant des après-midi à marcher de long en large pour calmer son bébé qui ne fait que pleurer sont moins fréquentes.
Evidemment, une telle pratique de portage presque continue n'a pas bonne presse auprès de nos mères qui pensent que c'est là une mauvaise habitude donnée au bébé.
Je considère simplement que je réponds à un besoin, puisque Elliot s'apaise ainsi. Ces bébés ont l'air si vulnérables, parfois il ne faut écouter que son "instinct" pour essayer de les aider à se développer et prendre confiance en eux.
Les sages-femmes nous ont prévenus, maintenant, la priorité c'est le bébé. Au moins, l'esprit n'est pas toujours harcelé par mille petites préoccupations quand d'un seul coup une responsabilité s'impose.