Cette après-midi, espérant une sieste d'Elliot qui m'aurait permis de récupérer de mes "nuits gruyères", j'attrape un livre pendant qu'il termine de téter.
Généralement, la tétée précède la sieste en cododo, à moins qu'elle ne se poursuive pendant "ma sieste". Quand je me réveille, il tête toujours. Je ne sais pas s'il a interrompu un moment son repas, les mouvements de sa bouche paraissent automatiques et sans une réelle efficacité. Il garde les yeux fermés. C'est un moment de douceur et de quiétude simple.
Bref, avant que la fatigue ou la chaleur ne plombent mes paupières, je découvre un passage sur les pleurs des bébés et l'éternelle question qui les accompagne : faut-il nourrir systématiquement le bébé qui pleure quand on allaite ou faut-il le laisser pleurer, car il peut en avoir besoin pour décharger ses émotions ?
Mon instinct me pousse à l'allaiter. C'est aussi une façon simple de répondre à sa détresse et ainsi le rassurer. Pour certains, ce n'est pas le but de l'allaitement et ne pas laisser pleurer son enfant quand on sait qu'il a le ventre plein et les couches propres, c'est lui couper un droit d'expression fondamental pour qu'il sache identifier ses besoins. Ainsi, "je pleure" n'est pas toujours associé à "j'ai faim", mais à "j'ai besoin de me décharger un peu de mes émotions que je ne peux exprimer encore par des mots" par exemple.
Elliot est en train de téter, la tétée précédente n'est pas bien loin. Il pleurait. Au réveil, il est seul aujourd'hui. Il pleure. C'est paraît-il caractéristique d'un bébé qui s'est endormi sans avoir pu satisfaire son vrai besoin. Le remettre au sein c'est recommencer une frustration.
Bon, je pense qu'effectivement, Elliot tête plus souvent qu'il n'a besoin. Un peu pour le plaisir, un peu pour qu'on s'occupe de lui, un peu pour ne pas être seul... Moi, ça me va parce que j'ai besoin de ses sollicitations pour me sentir "mère". Et puis, si mon bébé pleure, c'est qu'il a besoin qu'on l'écoute. Un enfant plus grand qui pleure, je l'écoute, un adulte qui pleure je compatis, parfois je pleure et j'aimerai une épaule. Alors, je prête la mienne à mon bébé, c'est la moindre des choses. De toute façon, quand il veut pleurer le soir, rien ne le console. On ne peut que compatir en le prenant dans nos bras, écouter sa plainte et sentir monter en nous toute cette détresse qui nous ramène à des souvenirs douloureux, ceux de l'accouchement.
Si Elliot pleurait cette après-midi, c'est plutôt parce qu'il s'est retrouvé seul à son réveil. Traîtrise ! Sa maman avait profité de son sommeil pour s'éclipser. Petite contrariété. Ensuite, hors de question d'être abandonné sur le transat, ce sera dans l'écharpe et nul part ailleurs. Si ce n'est pas un ordre ça y ressemble et malheur à celui ou à celle qui n'y prêterait pas attention.
Quand Elliot a sommeil, l'écharpe, ça marche à tous les coups. On en profite pour faire une petite balade avec l'une de nos chow chow. Au réveil il pleure. Trop tôt disent les adeptes du "défouloire", "vite au sein" disent les adeptes de l'allaitement à la demande. Aujourd'hui, j'ai essayé les pleurs. Dur dur. 20 minutes avec pause pour respirer et reprendre son souffle. Bilan, il a ensuite pris le sein une fois calme puis dodo. Mais pas tout seul. Petit passage par l'écharpe avant de regagner son hamac. Et là, il dort depuis bientôt trois heures, d'habitude, il ne s'endort pas avant 22H00 au mieux. Alors, fallait-il le laisser pleurer ou non ?
Elliot pleurait beaucoup au début. Je l'ai beaucoup porté en écharpe et allaité à la demande. il est beaucoup plus serein aujourd'hui. Les pleurs du soir sont plus brèves. L'allaitement, avant l'endormissement est plus long le soir. Je prend mon temps ou plutôt je lui donne tout le temps qu'il veut. Il peut alors dormir cinq ou six heures avant de se réveiller pour têter.
Mon ami me rassure et me conseille de continuer comme j'ai toujours fait au lieu d'essayer de suivre les conseils livresques.
Merci de réagir à cet article.